Le VIH, découvert il y a plus de quarante ans, a profondément changé la médecine et la vie des personnes infectées. Ce virus, autrefois fatal, est désormais contrôlable grâce aux antirétroviraux. Les traitements modernes permettent aux patients d’atteindre une charge virale indétectable, ce qui signifie qu’ils ne transmettent pas le virus et peuvent mener une vie presque normale. Ces avancées ont transformé le VIH d’une maladie mortelle en une maladie chronique gérable, même si l’accès aux soins reste inégal à travers le monde.
Parmi les innovations récentes, le lenacapavir se distingue comme un traitement révolutionnaire. Ce médicament à action prolongée nécessite seulement deux injections par an, simplifiant considérablement la vie des patients et facilitant l’adhésion au traitement. Son déploiement a commencé dans plusieurs pays africains, et la production de versions génériques abordables est prévue pour 2027, avec un coût estimé à environ 40 dollars par an. En parallèle, la PrEP injectable, notamment à base de cabotégravir, offre une protection longue durée pour prévenir l’infection avant l’exposition au virus, et devrait bientôt être disponible dans plusieurs pays européens.
La recherche vise également une guérison fonctionnelle, bien que celle-ci reste encore expérimentale. Les vaccins à ARNm, inspirés de la technologie utilisée contre le COVID-19, sont testés pour éliminer les réservoirs dormants du virus. Parallèlement, les anticorps neutralisants puissants sont étudiés pour permettre une suppression virale durable sans traitement continu. Si ces approches montrent un réel potentiel, elles ne sont pas encore accessibles à grande échelle et nécessitent de nouvelles validations cliniques. Malgré ces progrès, des défis importants persistent. Chaque année, plus d’un million de personnes sont encore infectées par le VIH, et l’accès aux soins reste difficile pour de nombreuses populations marginalisées. Les coupes dans les financements internationaux menacent également de ralentir les efforts de prévention et de traitement, en particulier dans les pays d’Afrique subsaharienne où l’épidémie est la plus virulente. Ces obstacles montrent que la lutte contre le VIH ne repose pas seulement sur la science, mais aussi sur la politique, l’économie et la mobilisation sociale.
L’objectif mondial fixé par l’ONUSIDA est de mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici 2030. Pour y parvenir, il faudra diagnostiquer 95 % des personnes vivant avec le VIH, traiter 95 % des personnes diagnostiquées et atteindre une charge virale indétectable chez 95 % des patients sous traitement. Ces objectifs sont ambitieux, mais réalisables si les efforts scientifiques, financiers et politiques continuent d’être soutenus à l’échelle mondiale.
En conclusion, la lutte contre le VIH est à un tournant historique. Les traitements et la prévention ont considérablement évolué, la qualité de vie des patients s’est améliorée et des stratégies innovantes pour viser la guérison sont en cours. Pourtant, l’épidémie reste présente et les défis d’accès aux soins et d’équité mondiale sont réels. La fin du sida comme menace de santé publique d’ici 2030 est un objectif ambitieux mais atteignable, à condition d’un engagement mondial soutenu et coordonné.












