Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est groupe belge. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est groupe belge. Afficher tous les articles

26 septembre 2026

Musique : Sttellla, l’inclassable ovni de la chanson belge

 







  Sttellla est l’un de ces groupes que l’on reconnaît en quelques secondes, non pas forcément par une sonorité particulière, mais par une façon totalement décomplexée de jouer avec les mots, les situations et les conventions musicales. Derrière cette aventure belge se trouve Jean-Luc Fonck, véritable moteur du groupe, dont l’histoire commence au milieu des années 1970 à Bruxelles avec Mimi Crofilm. Le premier concert a lieu en 1975, avant que Sttellla ne commence à écumer les cafés, les fêtes de quartier et les petites salles avec un répertoire où l’humour occupe déjà une place centrale. Dès ses débuts, Sttellla cultive un style volontairement minimaliste, bricolé et décalé. Jean-Luc Fonck transforme les mots en terrain de jeu permanent et affectionne les titres impossibles, les associations absurdes et les chansons qui semblent pouvoir partir dans n’importe quelle direction. Le premier album, Pouet-Pouette, paraît en 1978, tandis que les années suivantes voient le groupe développer progressivement son univers et multiplier les prestations. Cette manière de mélanger chanson humoristique, rock et expérimentation rappelle parfois l’esprit de Boby Lapointe, tout en conservant une identité profondément personnelle. L’aventure prend une nouvelle dimension dans les années 1980. Après plusieurs productions indépendantes, Sttellla publie notamment Fuite au prochain lavabo puis Les poissons s’en fishent et les pieds s’en footent. Le groupe commence alors à dépasser les frontières belges et se produit en France, en Suisse et au Québec. Une rencontre avec François Hadji-Lazaro conduit à une collaboration avec Boucherie Productions, label particulièrement lié à la scène alternative française de l’époque. Sttellla partage alors certaines affiches avec des groupes comme Les Garçons Bouchers, La Mano Negra ou Noir Désir, sans pour autant appartenir réellement au mouvement punk. En 1990, L’avenir est à ceux qui s’éléphanteau confirme cette identité faite de jeux de mots, de petites mélodies entêtantes, de claviers, de boîtes à rythmes et d’arrangements volontairement décalés. Mais c’est surtout Torremolinos qui va offrir au groupe son plus grand succès populaire. Paradoxalement, cette chanson devenue emblématique de Sttellla ne repose pas sur l’avalanche de calembours qui caractérise habituellement Jean-Luc Fonck. Son succès propulse le groupe auprès d’un public beaucoup plus large et accompagne l’album Manneken pis not war / Faisez la mouche pas la guêpe, qui deviendra disque d’or en Belgique. Après la séparation artistique du duo formé avec Mimi Crofilm au début des années 1990, Jean-Luc Fonck poursuit l’aventure en faisant évoluer Sttellla autour de sa propre personnalité. Le groupe devient progressivement une formation à géométrie variable, capable de se présenter avec plusieurs musiciens ou dans des configurations plus réduites. Les albums continuent de s’enchaîner, parmi lesquels The dark side of the moule, Il faut tourner l’apache, Un homme avec un grand H au pays des prises de têtes ou encore Le plus beau jour de magie. Sttellla ne disparaît jamais vraiment du paysage. Jean-Luc Fonck multiplie parallèlement les projets, les spectacles, les chroniques et les chansons, tout en continuant à alimenter l’univers du groupe. En 2014, Ounne dosse treize accompagne notamment la tournée des quarante ans, puis viennent Regratte-moi dans les yeux en 2016 et Les Carabistouilles en 2018. En 2022, l’EP Pas de sens poursuit encore cette tradition du jeu verbal et de l’absurde. L’une des particularités les plus étonnantes de Sttellla réside dans sa capacité à transformer l’improvisation en véritable méthode de création. Depuis 2013, Jean-Luc Fonck propose notamment chaque semaine sur Vivacité une chanson construite autour de quatre mots imposés par les auditeurs. Le principe a donné naissance à plusieurs centaines de chansons, certaines ayant ensuite été enregistrées et diffusées sur les plateformes sous le titre Les chansons du 8/9. Cette créativité permanente explique en partie la longévité exceptionnelle du projet.


  Avec plusieurs décennies de carrière, des milliers de concerts et une discographie qui continue de s’enrichir, Sttellla occupe une place assez unique dans la chanson francophone. Le groupe n’a jamais cherché à entrer dans une catégorie précise : rock, chanson humoristique, pop décalée ou spectacle musical, toutes ces étiquettes ne décrivent qu’une partie de son univers. Jean-Luc Fonck revendique surtout une liberté totale, celle de pouvoir passer d’une chanson à une autre, d’un jeu de mots à une idée absurde et d’une mélodie improbable à un véritable tube populaire. Sttellla est finalement bien plus qu’un groupe humoristique : c’est un véritable laboratoire de fantaisie musicale, porté depuis près d’un demi-siècle par l’imagination de Jean-Luc Fonck. Entre calembours, chansons absurdes, mélodies simples et énergie scénique, le groupe a construit une œuvre profondément belge mais capable de franchir les frontières. Et derrière les plaisanteries et les titres impossibles se cache une vraie longévité artistique : celle d’un musicien qui a choisi de ne jamais se prendre trop au sérieux, tout en prenant la musique suffisamment au sérieux pour continuer à la réinventer.



28 juillet 2026

Musique : Technotronic, la machine dance belge qui a fait danser toute une génération

 







  À la fin des années 1980, alors que la musique électronique commence à transformer les pistes de danse, un projet belge va réussir à imposer un son nouveau aux quatre coins de la planète. Avec ses rythmes puissants, ses samples efficaces et son mélange de house, de hip-hop et de musique dance, Technotronic devient l’un des symboles de l’explosion de l’eurodance. En quelques mois, le groupe passe du statut de curiosité underground à celui de phénomène mondial grâce à un morceau devenu incontournable : Pump Up the Jam. Derrière Technotronic se trouve le producteur belge Jo Bogaert, également connu sous le nom de Thomas de Quincey. Passionné par les musiques électroniques et les nouvelles technologies de production, il imagine à la fin des années 1980 un projet capable de fusionner la house américaine avec l’énergie du hip-hop. Le résultat donne naissance à un son immédiatement reconnaissable : une ligne de basse répétitive, des rythmes électroniques entraînants et une ambiance conçue pour faire vibrer les clubs. En 1989, Technotronic sort son premier single, Pump Up the Jam. Le morceau devient rapidement un immense succès international et s’impose comme l’un des premiers grands tubes de la musique dance européenne. Avec son refrain accrocheur et son rythme irrésistible, le titre envahit les radios, les discothèques et les classements du monde entier. Il devient même l’un des premiers morceaux de house à rencontrer un succès massif auprès du grand public. Le succès repose également sur l’image de la chanteuse Ya Kid K, dont la voix énergique apporte une dimension hip-hop au projet. Son flow et sa présence contribuent largement à l’identité du groupe, même si les premières apparitions médiatiques ont créé une certaine confusion autour de l’interprétation du morceau. Malgré ces controverses, Technotronic continue son ascension et confirme son statut de référence de la scène dance. L’album Pump Up the Jam: The Album, sorti en 1989, rencontre un succès considérable. Il contient plusieurs morceaux qui prolongent l’esprit festif du premier tube, comme Get Up! (Before the Night Is Over) ou This Beat Is Technotronic. Le groupe impose alors un style qui annonce l’arrivée prochaine de nombreuses formations eurodance des années 1990, avec une musique simple, efficace et destinée avant tout à faire danser. Au début des années 1990, Technotronic poursuit son aventure avec de nouveaux titres et plusieurs collaborations. Le groupe participe notamment à la popularisation d’un son où les influences américaines de la house et du hip-hop rencontrent une production européenne plus électronique. Même si la mode change rapidement et que de nouveaux courants apparaissent, Technotronic reste associé à l’âge d’or de la dance music. Avec le temps, Pump Up the Jam devient un véritable classique des années 1980-1990. Le morceau est régulièrement repris, samplé ou utilisé dans des films, des publicités et des compilations consacrées à cette période. Son efficacité mélodique et son énergie ont traversé les décennies, faisant de Technotronic un groupe encore reconnu par plusieurs générations d’amateurs de musique électronique. L’influence du groupe dépasse largement le simple succès commercial. Technotronic a contribué à rapprocher la house, le hip-hop et la pop, ouvrant la voie à une nouvelle génération d’artistes dance européens. Son approche très directe de la production, basée sur des rythmes puissants et des refrains immédiatement mémorisables, a inspiré de nombreux producteurs qui ont ensuite façonné la scène eurodance des années 1990. Aujourd’hui, Technotronic reste l’un des projets belges les plus célèbres de l’histoire de la musique électronique. Même si sa période de gloire fut relativement courte, son impact culturel demeure important. Quelques secondes de Pump Up the Jam suffisent encore à replonger dans l’ambiance des clubs de la fin des années 1980, une époque où la musique électronique commençait à conquérir le grand public.


  Technotronic représente parfaitement cette période où la musique électronique quittait progressivement les clubs spécialisés pour entrer dans la culture populaire mondiale. Avec un seul immense tube, le groupe a marqué durablement l’histoire de la dance music et a montré qu’un projet venu d’Europe pouvait rivaliser avec les productions américaines. Leur musique possède cette énergie immédiate qui rappelle les grandes nuits des années 1990, entre lumières de discothèque, rythmes répétitifs et envie de danser. Au-delà du phénomène commercial, Technotronic reste un précurseur qui a participé à construire le son d’une époque. Aujourd’hui encore, Pump Up the Jam continue de faire bouger les foules et conserve cette capacité rare à traverser les générations.