Le 13 janvier 2012, le Costa Concordia quitte le port de Civitavecchia pour une croisière en Méditerranée qui doit conduire ses passagers vers plusieurs escales italiennes. Long de près de 290 mètres et capable d’accueillir plusieurs milliers de personnes, le paquebot représente alors tout ce que l’industrie de la croisière veut montrer : grandeur, confort, restaurants, spectacles et cabines donnant sur la mer. À bord, l’ambiance est celle d’une soirée ordinaire de vacances, jusqu’à ce que le navire approche de l’île du Giglio, au large de la Toscane.
Peu après 21 heures, le Costa Concordia heurte des rochers à proximité de l’île. La coque est gravement endommagée et l’eau commence à envahir plusieurs compartiments. Le navire prend rapidement une forte gîte, transformant les espaces intérieurs en un environnement désorientant où les passagers comprennent progressivement que quelque chose de très grave vient de se produire. Dans les couloirs et les escaliers, certains tentent de rejoindre les canots de sauvetage tandis que d’autres cherchent simplement à comprendre ce qui arrive. L’évacuation devient particulièrement difficile à cause de l’inclinaison croissante du paquebot. Des passagers attendent, parfois dans la confusion, tandis que l’équipage tente de mettre les embarcations à l’eau. Sur l’île du Giglio, les habitants et les secours se mobilisent pour accueillir les personnes évacuées. Des milliers de passagers se retrouvent ainsi brutalement confrontés à une situation qu’ils n’auraient jamais imaginée en montant à bord quelques heures auparavant.
Le bilan humain est lourd : 32 personnes perdent la vie dans la catastrophe. L’accident provoque également de nombreuses interrogations sur la conduite du navire, l’organisation de l’évacuation et les décisions prises durant les premières heures. Le naufrage devient rapidement une affaire internationale, suivie par les médias du monde entier. Le contraste entre l’image luxueuse du paquebot et son immense silhouette couchée près du rivage frappe particulièrement les esprits.
Pendant de nombreux mois, le Costa Concordia reste échoué à quelques dizaines de mètres de l’île du Giglio. Sa présence domine le paysage et transforme l'endroit en un symbole mondial du naufrage. Mais l’épave représente aussi un défi technique considérable. Il faut éviter qu’elle ne glisse davantage, limiter les conséquences environnementales et surtout trouver un moyen de déplacer une masse gigantesque reposant contre les fonds marins. En septembre 2013, une opération spectaculaire commence pour redresser le navire. Des dizaines de câbles et de puissants équipements hydrauliques sont utilisés afin de faire pivoter progressivement l’épave. Après plusieurs heures de travail, le Costa Concordia retrouve une position presque verticale. Les images de cette immense carcasse métallique dressée au-dessus de la mer font le tour du monde. Le paquebot est finalement remis à flot et conduit vers Gênes en 2014, où il doit être démantelé. Après plusieurs années passées à faire partie du paysage de Giglio, le Costa Concordia disparaît progressivement. Le lieu retrouve son aspect habituel, mais le souvenir de cette nuit demeure profondément associé à l’île.
Le naufrage du Costa Concordia reste ainsi l’une des catastrophes maritimes les plus marquantes du début du XXIe siècle. Derrière l’image spectaculaire d’un immense paquebot échoué se trouve surtout l’histoire de milliers de personnes dont une croisière ordinaire a brutalement basculé dans le drame. Giglio, longtemps connue pour ses paysages méditerranéens, restera désormais liée à cette nuit de janvier 2012 et à la silhouette imposante du navire qui, pendant plus de deux ans, semblait ne plus vouloir quitter ses côtes.

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