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5 mai 2025

Culture : La Civilisation Icène








  Les Icènes (ou Icenis), sont un peuple celte de la fin de l'âge du fer (environ 100 avant JC et 60 après JC), établis à l'est de l'Angleterre. Leur territoire, fertile et stratégique, s'étendait des rives de la mer du Nord jusqu'à l’intérieur des terres. Ils vivaient dans des oppida (places fortifiées), pratiquaient l’agriculture, l’artisanat et commerçaient avec les autres tribus celtiques. Les Icènes vivaient aussi dans des fermes dispersées ou dans de petits villages protégés par des talus de terre, souvent appelés hillforts. Leur société était tribale, structurée autour de chefs de clans, de druides, de guerriers et d’artisans. L’élevage, la culture des céréales (comme l’orge) et la métallurgie étaient au cœur de leur économie. Les femmes y jouissaient d’un statut plus élevé que dans de nombreuses autres civilisations antiques, comme en témoigne la figure de Boudicca. Leurs habitations étaient rondes, faites de bois et de torchis, avec un toit de chaume. Le peuple icène maîtrisait aussi l’art du tissage, de la poterie et de la bijouterie, produisant des objets d’une grande finesse, souvent ornés de motifs spiraloïdes typiques de l’art celtique.


  Le Royaume Icène, bien organisé, jouissait d’une relative prospérité avant l’arrivée des Romains.


  Lorsque l’Empire Romain envahit la Bretagne (province de Britannia) en 43 après JC, les icènes choisissent d’abord une stratégie prudente. Leur roi, Prasutagos, devient un "roi client" de Rome, conservant une autonomie apparente en échange de loyauté. Il espère ainsi protéger son peuple, mais sa mort vers 60 après JC. va bouleverser l’équilibre. Veuve de Prasutagos, Boudicca est humiliée par les Romains, elle est battue publiquement, ses filles violées, et son royaume annexé sans scrupules. Elle rassemble alors plusieurs tribus celtes et mène une révolte d’une ampleur inédite. Ses troupes détruisent Camulodunum (Colchester), Londinium (Londres) et Verulamium (St Albans), massacrant des milliers de colons romains. Cette révolte, aussi fulgurante que violente, choque profondément l’Empire. La répression romaine est terrible. Le gouverneur Suetonius Paulinus rassemble une armée disciplinée qui écrase les troupes de Boudicca dans une bataille dont le lieu exact reste inconnu. La reine se donne probablement la mort. Après la défaite, les Icènes perdent leur autonomie, leur territoire est mis sous stricte domination romaine. Des routes sont construites, des camps fortifiés installés, et leur culture commence à se diluer. La reine Boudicca devient, quant à elle, une figure légendaire du nationalisme britannique. 


  Les fouilles ont révélé des fermes celtiques, des sépultures et des trésors enfouis. Le "Trésor de Mildenhall" ou les bijoux en or icènes témoignent d’un raffinement souvent sous-estimé. Des éléments de char, des torques et des fibules illustrent leur artisanat. En 1992, un archéologue amateur découvre par hasard le Hoxne Hoard dans le Suffolk : plus de 15 000 pièces d'or et d'argent romaines et des bijoux d'une grande finesse, enterrés dans une jarre. Bien que daté de la fin de la période romaine, ce trésor illustre l’abondance d’objets précieux dans l’est de la Bretagne, le territoire des icènes. Certains chercheurs pensent que ce type de cache pourrait être lié aux troubles postérieurs à la révolte de Boudicca, montrant des habitants fuyant avec leurs richesses ou tentant de les dissimuler aux Romains.


  À la croisée de l’histoire et de la légende, les icènes incarnent une identité celtique farouche et une résistance tragique face à un empire impitoyable. L’épisode de Boudicca est raconté par Tacite et Dion Cassius, avec sans doute des exagérations, mais il résonne encore dans l’imaginaire collectif. Leur histoire, à la fois archéologique et mythique, éclaire les tensions entre cultures dominantes et peuples autochtones à travers les siècles. L’image de Boudicca n’est pas une exception isolée. Les fouilles dans les sépultures icènes ont montré que certaines femmes étaient enterrées avec des armes, un fait rare chez les peuples celtes, mais cohérent avec la tradition orale selon laquelle les femmes pouvaient être guerrières ou cheffes. Les Romains, surpris et choqués, ont laissé des récits soulignant le "caractère sauvage et indompté" de ces femmes. L'humiliation publique infligée à Boudicca et ses filles aurait été vécue comme un crime sacrilège, déclenchant une vengeance non seulement personnelle mais rituelle.


  À l’époque victorienne, la figure de Boudicca est récupérée pour symboliser l’Empire britannique en lutte contre l’oppression étrangère. Ironique, quand on pense qu’elle-même combattait un empire. Une statue d’elle sur un char, armée et entourée de ses filles, est érigée en 1902 à Londres près du Pont de Westminster. Ce paradoxe en fait une figure ambivalente : reine rebelle, martyre, patriote et symbole féministe avant l’heure.


  Durant la Renaissance, une erreur de transcription la fait apparaître sous le nom latinisé de Boadicea, longtemps utilisé dans la littérature anglaise, notamment à l'époque victorienne. Aujourd’hui, les spécialistes privilégient Boudicca, plus proche de son origine celtique. Les historiens antiques Tacite et Dion Cassius évoquent une femme nommée Boudicca, dérivé probable d’un mot celtique signifiant "victoire" (comme "bod" ou "bouda").



25 avril 2025

Nature : Le monolithe de Uluru, en Australie







  En plein centre de l'Australie, Uluru s’élève comme un géant de pierre ocre dans le désert rouge du Territoire du Nord. Aussi connu sous le nom d’Ayers Rock, ce monolithe de grès, haut de 348 mètres et long de plus de 3 km, est l’un des symboles les plus puissants de l’Australie. Il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Uluru semble changer de couleur selon l’heure du jour et la météo. À l’aube, il peut apparaître gris rosé, à midi orange vif, et au crépuscule, rouge sang ou violet profond. Ce phénomène, dû à l’oxydation du fer dans la roche et aux jeux de lumière, a contribué à sa réputation presque magique.

 

  Mais Uluru n’est pas qu’une merveille géologique. Il est surtout un site sacré pour les peuples autochtones Anangu, qui en sont les gardiens traditionnels. Leur lien spirituel avec la montagne remonte à des millénaires. Les Anangu demandent depuis longtemps que l’on ne grimpe pas Uluru, car cela viole son caractère sacré. Malgré l'interdiction officielle depuis 2019, ce respect est parfois encore bafoué. Pourtant, un panneau à l’entrée explique clairement les raisons culturelles de cette demande. Il s'agit moins d’un interdit que d’un appel au respect.


  Les récits du Tjukurpa (la Loi du Temps du Rêve) imprègnent chaque recoin de ce rocher : des peintures rupestres aux cavernes, chaque fissure raconte une légende ancestrale. Une des histoires du Temps du Rêve raconte le combat entre la femme python Kuniya et le serpent venimeux Liru. Leurs luttes auraient laissé des marques visibles dans la roche. Ces récits sont toujours transmis oralement par les Anangu et font partie intégrante du paysage.


  Uluru change de couleur au fil de la journée, passant du rouge intense au violet profond au coucher du soleil, fascinant les visiteurs du monde entier. Depuis 2019, par respect pour la culture Anangu, l’ascension du rocher est interdite. Aujourd’hui, on l’admire à distance ou en le contournant à pied, en silence, dans une démarche de respect et de contemplation.


  Il existe une légende moderne appelée la "malédiction d’Uluru". Des centaines de visiteurs ayant volé des cailloux sur le site les renvoient par la poste, se plaignant de malchance, d’accidents ou de problèmes personnels. Les gardiens du parc reçoivent régulièrement des colis de "repentance" du monde entier.


  Uluru reste un lieu vivant, où spiritualité, nature et mémoire s’entrelacent. Ce n’est pas seulement un caillou géant, mais un pilier d’identité pour tout un peuple, et un rappel puissant de ce que signifie vivre en harmonie avec la terre.



10 mars 2025

Animaux : Les Papillons, les symboles et les records.







  On compte, les abeilles, les fourmis, coccinelles, scorpion, araignées et autres qui ont une symbolique forte. Mais rare sont les animaux du type "insecte" qui sont si lourds en symboles dans le monde. Le papillon est partout sur terre sauf en Antarctique

  Voici une synthèse des diverses significations symbolique du papillon à travers le monde.

  Avant tout, avec son cycle de vie, la chenille qui deviens un cocon puis un insecte magnifique, il symbolise le renouveau,  la métamorphose, la transformation, les changements positifs, etc... 

  Sa façon de voler de fleurs en fleurs, induit une idée de liberté, et sa légèreté est associée à la joie et l'insouciance. Dans plusieurs groupes ethniques l'image du papillon fait souvent référence à l'amour, et parfois même à la bisexualité. Dans ces mêmes groupes, il rappel la brièveté de la vie, l'importance de profiter du moment présent car la vie sur terre n'est que passagère.

  Certaine sociétés on déifié cet animal, ils en ont fait des dieux, particulièrement chez les Aztèque. L'exemple parfait est la déesse Xochiquetzal, c'était la déesse de la beauté et des fleurs, représentée par un petit papillon. 

  Dans la Grèce antique, le papillon représentait le passage dans le royaume des morts. Psyche, la déesse de l'âme est représenté avec des ailes de papillon (elle aurait été une simple humaine qui aurait eut des relations intimes avec le dieu de l'amour, Eros, quelle coquine !)

  Le passage de l'âme vers l'au-delà, on retrouve ce cas dans certaines tribus amérindiennes.

  Dans le folklore Japonais, les papillons sont vu comme les esprits des morts et ceux d'âmes errantes. Un papillon blanc symbolisera alors un être cher, venu vous rendre visite.

  Enfin, il fait aussi figure d'espoirs. 



  Passons à la phase record : 

  Le plus grand papillon au monde est l'Attacus Atlas, (photo ci-dessus). Il est asiatique, présent uniquement dans les forêts tropicales, en Indonésie, en Chine, en Thaïlande et aux Philippines. Du bout de son aile droite au bout de son aile gauche il mesure en moyenne 30 centimètres. Les femelles sont plus grandes que les mâles et leur manteau est un trompe l'œil, il rappel la tête d'un serpent, dissuadant les éventuels prédateurs. Ce représentant de l'espèce n'a pas de bouche, il ne se nourrit pas et vie en moyenne quatre jours. Sa vie est dédiée à la reproduction !

  Il y aussi une autre race, l'Ornithoptère de la Reine Alexandra, il vie dans des forêts de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il peut atteindre 28 centimètres d'envergure et atteindre un poids de plus ou moins 30 grammes.


( vous aimez les papillons, jetez un œil sur "Animaux : Le papillon monarque, beauté fragile et migration légendaire" )