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30 septembre 2025

Anthropologie : Les Hereros de Namibie, un peuple, une histoire, une identité

 







  Les Herero sont un peuple bantou vivant principalement dans le nord-est de la Namibie, avec des communautés en Angola et au Botswana. Leur histoire, marquée par les migrations, l’élevage pastoral et les violences coloniales, ainsi que leur culture riche et vivante, en font un sujet central pour l’anthropologie africaine.


  Les Herero seraient arrivés dans la région actuelle de la Namibie au XVIIᵉ siècle, migrés depuis l’Afrique centrale. Leur installation s’est faite dans des zones semi-arides, propices à l’élevage du bétail, qui est rapidement devenu le pilier de leur économie et de leur organisation sociale. Ces migrations étaient motivées par la recherche de pâturages, mais aussi par des alliances et conflits avec d’autres groupes bantous et khoïsan. La société herero est traditionnellement organisée en clans patrilinéaires. Chaque clan est dirigé par un chef, ou omeva, qui supervise la gestion du bétail, des terres et des affaires communautaires. Les alliances matrimoniales entre clans sont essentielles pour maintenir la cohésion sociale et garantir la transmission des ressources et des savoirs. Les ancêtres occupent une place centrale : les décisions importantes, les mariages et les rites funéraires s’inscrivent dans une logique de respect et de communication avec le monde des esprits.


  Le bétail, en particulier les bovins, est au cœur de la vie herero. Il ne représente pas seulement une ressource économique, mais également un marqueur social. Plus une famille possède de bétail, plus son statut est élevé. L’élevage est étroitement lié aux pratiques pastorales traditionnelles, à la gestion des pâturages et aux rituels communautaires. Les Herero ont développé des techniques d’adaptation remarquables aux conditions climatiques arides, combinant nomadisme saisonnier et gestion durable des ressources.


  La culture herero se distingue par ses costumes traditionnels colorés, notamment les robes des femmes inspirées des missionnaires allemands du XIXᵉ siècle. Ces vêtements sont devenus un symbole de fierté et d’identité. La langue herero, appartenant à la famille bantoue, joue un rôle fondamental dans la transmission de l’histoire, de la poésie orale, des proverbes et des récits mythologiques. Les danses et chants rituels renforcent les liens communautaires et célèbrent à la fois la vie et le respect des ancêtres. L’histoire des Herero a été profondément bouleversée par la colonisation allemande. En 1904, suite à une révolte contre l’oppression coloniale, l’armée allemande déclencha ce que l’on considère aujourd’hui comme le premier génocide du XXᵉ siècle. Des dizaines de milliers de Herero furent tués ou contraints de fuir dans le désert, et beaucoup périrent de faim et de soif. Cette tragédie reste gravée dans la mémoire collective et influence encore les dynamiques sociales et politiques en Namibie.


  Aujourd’hui, les Herero vivent à la croisée des traditions et de la modernité. Beaucoup ont migré vers les villes pour travailler ou étudier, tout en conservant des liens étroits avec leurs terres d’origine et leur culture pastorale. Les festivals culturels, cérémonies traditionnelles et rassemblements familiaux permettent de maintenir vivantes la langue, la musique et les danses. Le patrimoine herero est également un vecteur d’éducation et de résilience, rappelant l’importance de la mémoire historique.


  Les Herero illustrent la force et la résilience d’un peuple confronté à des défis historiques et environnementaux majeurs. Leur culture riche, leur organisation sociale complexe et leur lien profond avec le bétail et la terre témoignent de la capacité humaine à préserver l’identité et la mémoire collective face aux bouleversements. Étudier les Herero, c’est comprendre comment traditions et modernité peuvent coexister, tout en célébrant la richesse de l’histoire africaine.



19 mars 2025

Anthropologie : Les Himbas, peuple mythique de Namibie





  Les Himbas font partie de la famille du peuple Bantou, un ensemble ethnique africain, composé de plusieurs centaines de langues (400?) et au moins autant d'ethnies, dont l'une est le peuple Himba. Ils font partie du groupe des héréros. Ils se distinguent par un mode de vie traditionnel qui leur est propre et leur culture unique au monde et plus largement de leurs aspects extérieur (une apparence qui les caractérisent)

  La population Himba est estimée à 15 000 âmes divisés en centaines de clans. Une ethnie semi-nomade vivant au rythme de la transhumance de son bétail.

  Un mode de vie pastorale aussi, les Himbas sont avant tout des éleveurs (de bovins, et aussi, plus rarement de caprins). Ils se déplacent au fil des saisons, en fonction de la disponibilités des pâturages, pour faire paitre leurs animaux. Leur alimentation est basée sur le lait et la viande, ils se nourrissent parfois d'une sorte de porridge de maïs non fermenté.

  Ce n'est pas une civilisation matriarcale ou patriarcale, cette société est complémentaire. Les femmes s'occupent des enfants, la traite des vaches, la construction des huttes et l'héritage se transmet par la lignée maternelle. Elles ont un rôle centrale. Les hommes quand à eux, prennent les décisions importantes en matière de gestion de la tribu mais aussi celles qui concerne le bétail. 

  Les Himbas sont polythéistes et animistes, ils vénèrent la nature (particulièrement les vaches) et le feux sacré (okuruwo) 
Le feux symbolise la connexion entre les esprit des vivants et ceux de leurs ancêtres. 

  Au sein des villages, le feu ne doit jamais s'éteindre, il est entretenu en permanence et joue un rôle primordial durant les cérémonies et rites funéraires. 
Il arrive que des vaches soient sacrifiées pour honorer les esprits. 

  Dans leur croyance, la vache occupe une place centrale, ils considèrent aussi le bétail comme un lien sacré entre eux, leurs ancêtres et leurs dieux. 
Il n'y a pas de valeur monétaire chez les Himbas, l'argent tel que nous le connaissons leur est inconnu, on mesure la richesse d'une famille en fonction du nombre de vaches qu'elle possède.  Offrir une vache lors d'une occasion tel une cérémonie religieuse, ou un mariage, est un acte hautement symbolique, renforçant ainsi les liens sociaux. Les peuples Himba ont un lien affectifs avec leur animaux, donnant un nom à chaque vaches en fonction de leur caractères ou de leur couleurs. Le lait à la base de leur alimentation est considéré comme un lien divin entre la vache et les humains qui les vénèrent.
 
  La tribu Himba est aussi une culture unique au monde de par l'apparence et l'esthétique. Les hommes ont des coiffures très simple, et une fois mariés ils portent très souvent des turbans. Les femmes quand à elles, ont des coiffures différentes, selon leur âge, leur statut marital et leur fonctions propres au sein de la tribu. 
Généralement les cheveux des femmes sont tressés et recouverte d'un mélange de lait et d'ocre. Elles portent des bijoux comme des bracelets ou des colliers en corne de bovins ou en fer. Plus rarement avec des coquillages.

  Pour les Himbas, le troupeau est l’âme de leur société.
  D'autres peuples africains comme les Maasai du Kenya vénèrent aussi les vaches.


  De nos jours, cette société est menacée d'un côté par la mondialisation, les sécheresses et des projets de développement, tel celui d'un barrage qui recouvrirait d'eau sur des centaines de kilomètres carré, où les Himbas vivent et se déplacent. Parallèlement à ça, certains d'entre eux ont abandonné le mode de vie traditionnel pour la vie moderne. 

  Ce modèle civilisationnel est un exemple de résistance culturelle face a tout les changements qu'apportent le monde contemporain.