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4 août 2026

Culture : Le mausolée d'Atatürk à Ankara, symbole de la Turquie moderne

 







  Dominant la capitale turque depuis une colline d'Ankara, le mausolée de Mustafa Kemal Atatürk est bien plus qu'un monument funéraire. Il constitue un symbole puissant de l'identité nationale moderne de la Turquie, un lieu de recueillement et un témoignage architectural impressionnant. Chaque année, des millions de visiteurs, qu'ils soient Turcs ou étrangers, viennent découvrir cet édifice monumental qui rend hommage au fondateur de la République de Turquie.


  Après le décès de Mustafa Kemal Atatürk, le 10 novembre 1938, la Turquie souhaite rapidement ériger un monument digne de celui qui a profondément transformé le pays. Son corps est d'abord placé au musée ethnographique d'Ankara, le temps de concevoir un mausolée à la hauteur de son héritage. Un concours international d'architecture est organisé en 1941, réunissant plusieurs dizaines de projets venus du monde entier. Ce sont finalement les architectes turcs Emin Onat et Orhan Arda qui remportent le concours avec une proposition mêlant inspiration antique et modernité. Les travaux débutent en 1944 et s'étendent sur près de neuf années. Le chantier mobilise des matériaux provenant de nombreuses régions de Turquie, renforçant ainsi la dimension nationale du projet. Le mausolée est officiellement inauguré le 10 novembre 1953, exactement quinze ans après la disparition d'Atatürk, lors d'une cérémonie solennelle suivie par toute la nation.


  L'ensemble monumental porte le nom d'Anıtkabir, qui signifie littéralement « tombeau du souvenir ». Le site couvre une superficie impressionnante de plus de 750 000 mètres carrés, intégrant des jardins, des places monumentales, des bâtiments annexes et de vastes espaces de promenade. Son architecture adopte un style sobre, massif et intemporel, inspiré des temples antiques d'Anatolie tout en reflétant les ambitions de la jeune République. L'accès principal se fait par l'Allée des Lions, une avenue pavée de plus de 250 mètres de long, bordée de vingt-quatre statues de lions sculptées dans la pierre. Ces animaux symbolisent à la fois la force, le courage et les anciennes civilisations anatoliennes. Les pavés sont volontairement espacés afin d'inciter les visiteurs à marcher lentement, dans une attitude de respect et de recueillement. Au terme de cette allée s'ouvre la vaste place des Cérémonies. Capable d'accueillir des dizaines de milliers de personnes, elle devient le théâtre des grandes commémorations nationales, notamment chaque 10 novembre, date anniversaire de la disparition d'Atatürk, ainsi que lors de la fête de la République. Le lieu impressionne autant par ses dimensions que par la précision de son aménagement.


  Le bâtiment principal abrite la Salle d'Honneur, où se trouve un immense sarcophage en marbre pesant plusieurs dizaines de tonnes. Il s'agit toutefois d'un cénotaphe : la véritable sépulture d'Atatürk repose dans une chambre funéraire située directement sous cette salle. Cette disposition, inspirée des traditions monumentales antiques, renforce le caractère solennel de l'ensemble. Autour du mausolée se trouvent plusieurs musées retraçant la guerre d'indépendance turque, la fondation de la République ainsi que la vie personnelle d'Atatürk. On peut y admirer ses effets personnels, des photographies historiques, des véhicules officiels, des cartes militaires, des documents originaux et de nombreuses expositions consacrées aux réformes qui ont façonné la Turquie contemporaine.


  L'Anıtkabir est également célèbre pour la relève de la garde. Les soldats de la garde d'honneur exécutent une cérémonie particulièrement rigoureuse, très appréciée des visiteurs. Leur discipline, leurs uniformes impeccables et leurs mouvements parfaitement synchronisés rappellent l'importance symbolique du lieu et participent au caractère solennel de la visite. Au-delà de son rôle historique, le mausolée est devenu l'un des sites touristiques les plus visités de Turquie. Des chefs d'État étrangers y déposent régulièrement des gerbes lors de leurs visites officielles, tandis que les écoles organisent fréquemment des excursions afin de transmettre aux jeunes générations les valeurs républicaines incarnées par Mustafa Kemal Atatürk.


  Le mausolée d'Atatürk représente aujourd'hui bien davantage qu'une simple tombe monumentale. Véritable symbole de la naissance de la Turquie moderne, il incarne l'unité nationale, l'indépendance et les profondes transformations engagées au XXᵉ siècle. Son architecture majestueuse, son importance historique et son atmosphère de recueillement en font un lieu incontournable pour quiconque souhaite comprendre l'histoire et l'identité de la République turque.



7 décembre 2025

Culture : Fibonacci, quand les nombres révèlent la beauté de la nature








  Fibonacci, de son vrai nom Leonardo Pisano Bigollo (vers 1170 – vers 1250), est un mathématicien italien du Moyen Âge dont l’influence dépasse largement le cadre strict des mathématiques. Né à Pise, il est issu d’une famille de marchands, ce qui lui permit de voyager largement à travers la Méditerranée. Ces voyages lui offrirent l’opportunité de découvrir les systèmes numériques utilisés dans le monde arabe, notamment le système décimal indo-arabe, qu’il popularisa ensuite en Europe.


  Fibonacci est surtout célèbre pour la suite de Fibonacci, une série mathématique où chaque nombre est la somme des deux précédents : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21… Cette suite, introduite dans son ouvrage Liber Abaci (1202), n’était pas seulement un exercice arithmétique : elle présentait un outil pour résoudre des problèmes pratiques liés au commerce et à la comptabilité, ainsi qu’une manière d’expliquer des phénomènes naturels.


  Ce qui rend la suite de Fibonacci fascinante, c’est sa présence dans la nature. On la retrouve dans la disposition des feuilles, le développement des fruits, les spirales des coquillages, et même dans la reproduction des lapins, exemple qu’il utilisa lui-même pour illustrer sa suite. Cette omniprésence a fait de Fibonacci un pont entre les mathématiques abstraites et le monde vivant, inspirant artistes, architectes et scientifiques au fil des siècles.


 La proportion d’or, souvent associée à Fibonacci, est une autre notion populaire née de ses travaux. Si l’on divise un nombre de Fibonacci par son prédécesseur, on obtient une valeur qui tend vers 1,618… : le fameux nombre d’or, symbole d’harmonie et d’esthétique, largement utilisé en art, en architecture et même en design moderne.


  Au-delà de son héritage mathématique, Fibonacci a contribué à moderniser le commerce européen, en introduisant des méthodes de calcul plus efficaces grâce aux chiffres arabes. Ses ouvrages ont servi de référence pendant plusieurs siècles, permettant à l’Europe médiévale de rattraper un retard scientifique face au monde arabe et asiatique.


  En résumé, Fibonacci n’est pas seulement un mathématicien médiéval : il est un symbole du lien entre science, nature et beauté. Ses découvertes continuent d’influencer la culture contemporaine, que ce soit dans l’art, la science ou même la finance, prouvant que les nombres ont un rôle universel et intemporel dans notre compréhension du monde.



21 mars 2025

Culture : Les Sept merveilles du monde antique






  L'expression est connue, les merveilles en question le sont moins.


  Pour faire court, les grecs anciens ont établis une liste de ce qui fut, les merveilles architecturales ou artistiques de leur temps. La liste commence avec les écrits de Hérodote au Ve siècle avant JC. Antipater de Sidon en fait l'objet d'un poème trois siècles plus tard, ou il mentionne les sept merveilles du monde, ce qui contribue à faire connaitre la liste. 


  Pourquoi sept ? Simplement, le chiffre sept était considéré comme le chiffre parfait et sacré dans la Grèce antique.


  Voici la liste de l'époque :


- Le Mausolée d'Halicarnasse, construit en 350 avant JC. D'une hauteur de 45 mètres, endommagé par une série de tremblements de terre entre le XII et XVe siècle, puis par les Croisés qui se sont servit de ses pierres pour consolider des châteaux. La tombe du gouverneur Mausole, érigé par sa sœur et femme Artémise II. Plus tard, le nom Mausole donne naissance au mot mausolée qui désigne une tombe imposante.


- La Statue de Zeus à Olympie sculpté par Phidias en 435 avant JC, mesurait 12 mètres de haut. Elle était toute en or, avec des éléments en bois et en ivoire. Elle représentait la grandeur du dieu Zeus et le rayonnement du monde grec ancien. Au Ve siècle elle fut déplacée à Constantinople où elle disparut après un incendie. Quelques éléments ont subsistés et sont visibles au British Museum et au musée archéologique d'Olympie.


- Le Phare d'Alexandrie, souvent on en attribue la construction par Alexandre le Grand, mais c'est Ptolémée II Philadelphe, un membre de la dynastie des Ptolémée (parents d'Alexandre le Grand) qui le fit construire. 100 à 130 mètres de haut. Sa fonction était de guider les navires la nuit, vers le port d'Alexandrie. Détruit lors de trois tremblements de terre successifs entre 956 et 1353. Pline l'ancien décrit le Phare comme un chef-d'œuvre d'ingénierie et une merveille architecturale. Le terme Phare viens de Pharos, l'île sur lequel il était construit. De nos jours, phare est un mot qui désigne une tour maritime.


-  Le Temple d'Artémis à Ephese, construit, incendié, reconstruit, écroulé. Il était dédié à la déesse Artémis, déesse de la chasse, de la nature et de la fertilité. Elle représentait la grandeur et la prospérité d'Ephese dans l'antiquité. De nos jours, dans les environs de la ville d'Ephese on ne sait pas vraiment où il était placé, et les spéculations vont de bon train avec une dizaine d'emplacements possibles. Une dimension de 115 mètres de long sur 55 mètres de large. 18 mètres de haut et 127 colonnes de marbre, des dizaines de statuts gravés par des artistes célèbres de l'antiquité.


- Les Jardins Suspendus de Babylone, situés à Babylone, près de Bagdad en Irak. Aucune preuve archéologique de sa position, ni même de son existence. Créés par le roi Nabuchodonosor II pour sa reine Amytis qui regrettait les paysages luxuriants de sa Médie natale. Un mélange d'architecture, de jardinage et d'ingénierie hydraulique. On pense qu'ils ont été battis vers -600 et ont surement été détruit soit par des tremblements de terre, soit par la main de divers envahisseurs.  


- Le Colosse de Rhodes, créé par Chares de Lindos, dédié au dieu Hélios (dieu du Soleil). Construit par les habitants de l'île de Rhodes après leur victoire sur les séleucides (satrapie d'Alexandre le Grand). 33 mètres de haut soit presque aussi grand que la statue de la liberté à New-York. Il se tenait à l'entrée du port de Rhodes. une légende dit que les navires passaient entre ses pieds. La merveille la plus éphémère, une durée de vie de 54 ans, détruite par un tremblement de terre en 206 avant notre ère. Un symbole avant tout, symbole de victoire, de prospérité, de protection divine. Les restes ont été vendus comme ferraille, transportés, parait il par 900 chameaux selon les dires.


- Khéops, la grande Pyramide de Gizeh, la seule des merveilles encore debout. Construite par le Pharaon Khéops de la IVe dynastie soit entre 2580 à 2560 avant JC sur le plateau de Gizeh, proche de la ville du Caire en Egypte. Rendez vous comptes que, il s'est passé cinq siècles de plus entre sa construction et le règne de Cléopâtre, que du règne de Cléopâtre à nos jours. 146 mètres de haut à la base, 230 mètres de long, une surface de 53 000m². Construite avec 2,3 millions de blocs de pierre. Napoléon Bonaparte estimait qu'il y avait assez de pierre dans cette pyramide, pour entourer la France d'une muraille de 3 mètres de haut. 

Les pyramides de Gizeh et les autres feront l'objet d'une attention particulière dans un prochain article.