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23 janvier 2026

Culture : Lénine, biographie d’un bouleversement mondial

 







  Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, naît en 1870 dans l’Empire russe, au sein d’une famille instruite de la petite bourgeoisie provinciale. Rien, en apparence, ne le prédestine à devenir l’un des personnages les plus déterminants du XXᵉ siècle. Pourtant, très tôt, sa trajectoire bascule. L’exécution de son frère aîné, impliqué dans un complot contre le tsar Alexandre III, agit comme un choc fondateur. Cet événement ne nourrit pas seulement une haine du régime impérial : il forge chez Lénine la conviction que seule une rupture totale, révolutionnaire, pourra transformer la société russe. Brillant étudiant, passionné de droit et de philosophie politique, Lénine se plonge dans les écrits de Marx et d’Engels. Il y trouve un cadre théorique solide, mais refuse de l’appliquer de manière dogmatique. Très tôt, il cherche à adapter le marxisme à la réalité russe, marquée par un État autoritaire, une paysannerie massive et une industrialisation incomplète. Cette capacité à remodeler une doctrine idéologique en fonction du réel sera l’une de ses grandes forces, mais aussi l’une des sources de ses dérives futures.


  Contraint à l’exil à plusieurs reprises, Lénine devient un révolutionnaire professionnel. Il écrit, organise, polémique sans relâche. Ses textes, incisifs et souvent implacables, visent autant les ennemis du tsarisme que les autres courants socialistes qu’il juge trop modérés. La rupture avec les mencheviks donne naissance aux bolcheviks, un mouvement fondé sur une idée clé : la révolution doit être menée par une avant-garde disciplinée, centralisée, prête à s’emparer du pouvoir au moment opportun.


  La Première Guerre mondiale offre à Lénine ce moment qu’il attend depuis des années. En 1917, profitant de l’effondrement du régime tsariste et du chaos politique, il revient en Russie avec une détermination intacte. Les thèses d’avril, simples et radicales, résonnent dans une société épuisée par la guerre et la misère. En octobre, les bolcheviks s’emparent du pouvoir. Ce qui n’était qu’un groupe révolutionnaire marginal devient le noyau d’un nouvel État. Une fois au pouvoir, Lénine se révèle moins idéologue que stratège. Il comprend que gouverner est infiniment plus complexe que renverser un régime. La guerre civile, la famine, l’effondrement économique l’obligent à faire des compromis impensables quelques années plus tôt. La NEP, qui réintroduit partiellement le marché, montre un dirigeant pragmatique, capable de suspendre la pureté doctrinale pour sauver le pouvoir bolchevik. Mais ce pragmatisme s’accompagne d’une violence politique assumée, théorisée comme un outil nécessaire à la survie de la révolution.


  Progressivement, Lénine devient plus qu’un dirigeant : il se transforme en symbole. Dès son vivant, son image est façonnée, simplifiée, sacralisée. Après sa mort en 1924, cette transformation s’accélère. Son corps embaumé, exposé au cœur de Moscou, fait de lui une figure quasi éternelle. Lénine cesse d’être un homme pour devenir une icône, un repère idéologique, une légitimité invoquée par ses successeurs, parfois en contradiction totale avec sa pensée réelle. Sur le plan culturel, Lénine s’impose comme une figure omniprésente du XXᵉ siècle. Statues monumentales, affiches de propagande, slogans, manuels scolaires : son visage devient indissociable de l’idée même de révolution. Il incarne à la fois l’espoir d’un monde nouveau et le point de départ d’un système autoritaire qui marquera durablement l’histoire. Cette ambivalence explique pourquoi son héritage reste si conflictuel, entre admiration, rejet et fascination persistante.


  Derrière le mythe figé, Lénine apparaît comme un homme profondément complexe. Intellectuel rigoureux, lecteur obsessionnel, il croyait sincèrement à la possibilité de transformer le monde par la raison et l’action politique. Mais il était aussi un stratège froid, convaincu que la fin justifiait les moyens, y compris la répression et la terreur. Loin de l’image du prophète infaillible, Lénine fut un homme de contradictions, oscillant entre idéalisme révolutionnaire et autoritarisme assumé. Son héritage culturel et symbolique dépasse largement son existence personnelle. Lénine n’est pas seulement un personnage historique : il est devenu un miroir des espoirs et des peurs du XXᵉ siècle. Comprendre Lénine, ce n’est pas trancher entre le héros et le tyran, mais accepter cette zone grise où l’homme, la pensée et le pouvoir s’entremêlent. C’est peut-être là que réside encore aujourd’hui sa troublante modernité.



3 octobre 2025

Culture : Karl Marx, pensées, révolutions et héritage mondial

 







  Karl Marx, né le 5 mai 1818 à Trèves, en Prusse rhénane, est l’un des penseurs les plus influents du XIXe siècle. Philosophe, économiste, journaliste et révolutionnaire, il a consacré sa vie à analyser les mécanismes du capitalisme et à élaborer une théorie globale de l’histoire et de la société. Issu d’une famille bourgeoise, il étudia le droit et la philosophie à Bonn puis à Berlin, où il fut marqué par l’hégélianisme. Très tôt, il orienta sa réflexion vers la critique sociale, convaincu que la philosophie ne devait pas seulement interpréter le monde, mais aussi le transformer. Marx fut contraint à l’exil une grande partie de sa vie, en raison de ses positions politiques jugées subversives par les autorités. Après des séjours en France et en Belgique, il s’installa finalement à Londres en 1849, où il vécut jusqu’à sa mort en 1883. Sa vie fut marquée par la pauvreté, les problèmes de santé et les difficultés familiales, mais aussi par une activité intellectuelle intense. Soutenu financièrement par son ami et collaborateur Friedrich Engels, il travailla sans relâche à ses recherches et à ses écrits, qui allaient bouleverser la pensée politique et économique.


  Parmi ses œuvres majeures, le Manifeste du Parti communiste (1848), rédigé avec Engels, demeure l’un des textes politiques les plus célèbres au monde. Dans ce pamphlet, Marx expose l’idée que l’histoire humaine est avant tout l’histoire des luttes de classes, et que la révolution prolétarienne est inévitable pour abolir l’exploitation et instaurer une société sans classes. Plus tard, il développa une analyse beaucoup plus détaillée dans Le Capital (1867), vaste critique du système capitaliste qui étudie ses lois économiques et ses contradictions internes.


  La pensée marxiste s’articule autour de plusieurs concepts centraux : la lutte des classes, la plus-value, l’aliénation du travailleur et le matérialisme historique. Pour Marx, les rapports économiques déterminent en grande partie la structure sociale et politique, et les idéologies dominantes ne sont que le reflet des intérêts de la classe dominante. Cette vision radicale de l’histoire, qui met l’accent sur les conflits sociaux, a profondément marqué les sciences humaines et reste un outil d’analyse encore utilisé par de nombreux chercheurs.


  L’héritage politique de Karl Marx est immense. Après sa mort, ses idées furent reprises et adaptées par des mouvements socialistes, communistes et révolutionnaires dans le monde entier. Le marxisme a inspiré des révolutions majeures, comme celle d’Octobre 1917 en Russie, qui donna naissance au premier État se réclamant officiellement de sa pensée. Au XXe siècle, des régimes politiques en Chine, à Cuba, au Vietnam et ailleurs se sont construits en référence directe au marxisme, parfois en l’interprétant de manière autoritaire et éloignée des conceptions originelles de Marx. Toutefois, l’influence de Marx ne s’arrête pas aux expériences politiques qui ont marqué l’histoire. Ses analyses du capitalisme conservent une pertinence dans le monde contemporain. Les débats sur la mondialisation, les inégalités économiques, la concentration des richesses et la financiarisation de l’économie se nourrissent encore largement de son héritage intellectuel. De nombreux mouvements sociaux, syndicaux et universitaires continuent de se réclamer du marxisme ou de s’en inspirer pour critiquer les excès du système économique actuel.


  Plus récemment, la pensée marxiste a trouvé un écho dans les débats sur l’écologie et la durabilité. Certains chercheurs et militants analysent les crises environnementales comme des conséquences directes du capitalisme et de l’exploitation des ressources, dans une perspective qui rappelle la critique marxienne de la logique économique dominante. Les mouvements altermondialistes et anticapitalistes contemporains s’appuient souvent sur ses idées pour proposer des alternatives économiques et sociales qui placent l’humain et la nature au centre des préoccupations. Dans le monde universitaire, Marx continue de nourrir la réflexion critique dans de nombreuses disciplines : sociologie, sciences politiques, économie, philosophie et études culturelles. Ses concepts servent à étudier les inégalités, les mécanismes de domination et les mouvements sociaux. Les débats autour de l’intelligence artificielle, du travail précarisé ou de la globalisation financière mobilisent parfois ses analyses pour comprendre comment les structures économiques façonnent les rapports sociaux et culturels.


  Aujourd’hui, Marx est à la fois une figure controversée et incontournable. Ses adversaires dénoncent les dérives totalitaires des régimes qui se sont réclamés de son nom et soulignent les limites de son analyse économique face à l’évolution du capitalisme moderne. Ses partisans, au contraire, rappellent que Marx n’a jamais fourni de modèle figé de société et que son apport essentiel réside dans sa critique du système existant et son appel à l’émancipation des travailleurs.


  En définitive, Karl Marx demeure l’un des penseurs les plus marquants de l’histoire moderne. Sa biographie, marquée par l’exil et le dévouement intellectuel, son héritage politique, qui a engendré des révolutions mais aussi des controverses, et son influence intellectuelle, toujours vivace dans les débats contemporains, font de lui une figure incontournable pour comprendre le monde d’hier comme celui d’aujourd’hui. Plus de deux siècles après sa naissance, ses idées continuent d’interroger notre rapport à l’économie, à la société et à la justice sociale, et demeurent un catalyseur de réflexion pour imaginer des sociétés plus égalitaires et durables.



12 février 2013

Musique : Noir Desir - Gagnant Perdants






  Lorsque Bertrand Cantat était en prison en Lituanie pour le meurtre de Marie Trintignant, il eut un droit de sortie de quelques jours. Ce fut au moment des élections, et du duel final Sarkozy versus Royal ou Sarkozy est sortit vainqueur. Cantat est marxiste. Vous comprendrez mieux en écoutant et en lisant.

Voici les paroles :

  


Tous ces beaux jeux inventésPour passer devant les premiersPour que chacun soit écraséS'il refuse encore de plierLes dégâts, les excèsIls vont vous les faire payerLes cendres qui resterontC'est pas eux qui les ramasserontMais les esclaves et les consQui n'auront pas pas su dire non
Nous on n'veut pas être des gagnantsMais on acceptera jamais d'être des perdants
Pimprenelle et NicolasVous nous endormez comme çaLe marchand de sable est passéNous on garde un œil éveilléÔ la peur, ô le videÔ la victoire des avidesFaut pas bouger une oreilleToutes sortes de chiens nous surveillentPas un geste, une esquisseSinon on tourne la visNous on n'a rien à gagnerMais on ne peut plus perdre puisque c'est déjà fait
Toi qui viens de loin d'iciAvec Ta peau et Tes osOn t'a parlé du paradisOn t'a menti, tout est fauxÔ mon ami, ô mon frère, tout ce nerfPerdu pour la guerreTu vas voir tout l'amourQui traîne au fond du discoursDis, t'en veux des papiers?Dis, tu l'as vu mon palais?T'auras rien, c'est ainsiC'est pas fait pour les perdants, le paradis
Il y a la chair à canonIl y a la chair à spéculationIl y a la chair à publicitéY a tout ce que vous aimezVous et moi on le saitLe spectacle est terminéPourtant c'était presque idéalC'était loin du féodalOh maint'nant c'est foutuÇa fait joli dans ton...Fort intérieur c'est gênantDe rejoindre comme ça la cohorte des perdants
Il faut pas se faire d'illusionsMais c'est mieux debout pour l'actionEt pour nos âmes, c'est égalDieu n'est pas dans la batailleÔ messieurs les décideursDe toutes parts, de tous côtésSachez que profond dans nos cœursOn n'arrête pas le progrèsSous l'Iris, sous la peauSous les ongles et dans l'étauOn pourra toujours refuserDe devenir les premiers ou les derniers
Pas de leaders triomphantsOn s'ra jamais des gagnants ni des perdants