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31 mai 2025

Nature : L’Arbre de Tule au Mexique







  À Santa María del Tule, petit village près de la ville de Oaxaca au Mexique, se dresse un colosse végétal qui défie le temps : l’Arbre de Tule. Ce cyprès de Montezuma (Taxodium mucronatum), aussi appelé Ahuehuete en nahuatl, est considéré comme l’arbre ayant le tronc le plus large du monde. Avec une circonférence de plus de 42 mètres et un diamètre avoisinant les 14 mètres, il semble sorti tout droit d’un conte mythologique. Cet arbre serait âgé de plus de 2000 ans, bien que certains estiment une longévité plus proche des 1500 ans. Son envergure est telle qu’il faut plus de 30 personnes main dans la main pour en faire le tour. L’arbre trône majestueusement devant l’église du village, offrant une scène spectaculaire mêlant nature et spiritualité.


  Selon la légende, il aurait été planté par un prêtre zapotèque du nom de Pecocha, serviteur du dieu du vent Ehécatl. L’Arbre de Tule est depuis lors un symbole sacré pour les communautés autochtones, associant le monde terrestre au monde divin. Ce n’est pas seulement sa taille qui impressionne, mais aussi les formes mystérieuses dessinées par ses racines et son écorce. Les habitants affirment y voir des visages, des animaux, des monstres mythiques. Une véritable galerie sculptée par la nature.


  Malgré son âge vénérable, l’arbre est toujours vivant, même s’il a connu des périodes critiques à cause de la sécheresse et de la pollution. Des efforts de conservation ont été mis en place pour assurer sa survie, notamment un arrosage souterrain et une surveillance régulière de son état de santé. Classé patrimoine naturel du Mexique, l’Arbre de Tule attire chaque année des milliers de visiteurs du monde entier, curieux d’admirer ce miracle vivant. Il est aussi une source de fierté pour les habitants de Oaxaca, qui le surnomment affectueusement "El Árbol", comme s’il s’agissait d’un vieil ami.


  Entre mythe, biologie et spiritualité, l’Arbre de Tule est bien plus qu’un simple arbre : c’est un témoin silencieux de civilisations passées et un lien vivant entre l’homme et la nature.



3 mai 2025

Nature : La Devil's Tower, la tour du diable







  Située dans le nord-est du Wyoming, la Devil’s Tower est une formation rocheuse spectaculaire qui s’élève à 386 mètres au-dessus de la rivière Belle Fourche. Avec ses parois striées de colonnes verticales, elle semble surgir d’un autre monde. Ce monolithe de basalte est probablement le vestige d’un ancien système volcanique, mis à nu par des millions d’années d’érosion. Sa structure géométrique, formée par le refroidissement lent du magma, continue d’intriguer les géologues.


  Premier site à être désigné Monument National des États-Unis en 1906 par Theodore Roosevelt, la Devil’s Tower est aussi un lieu sacré pour de nombreuses tribus amérindiennes. Connue sous les noms de "Bear Lodge" ou "Maison de l’Ours", elle est au cœur de légendes ancestrales. L’une des plus célèbres raconte que des jeunes filles, poursuivies par un ours géant, furent sauvées lorsque la terre s’éleva sous leurs pieds, formant la tour. Les griffes de l’ours auraient laissé les fameuses stries sur ses flancs.


  Chaque mois de juin, des cérémonies autochtones sont organisées sur le site, et une controverse persiste quant à la pratique de l’escalade à cette période. Car la Devil’s Tower attire aussi les amateurs de grimpe : plus de 200 voies d’ascension y sont recensées. Afin de concilier spiritualité et sport, un appel au respect mutuel a été mis en place, encourageant une trêve de l’escalade en juin.


  Ce lieu mythique a également marqué la culture populaire, notamment grâce au film Rencontres du troisième type de Steven Spielberg (1977), dans lequel la tour devient le point de contact entre humains et extraterrestres. Depuis, elle symbolise pour beaucoup un mystère à la fois scientifique et spirituel.


  Enfin, la Devil’s Tower a connu des anecdotes surprenantes : la première ascension réussie date de 1893, avec une échelle de bois ! En 1941, un parachutiste s’y est retrouvé coincé au sommet pendant plusieurs jours, faute de moyen pour redescendre.

  Lieu de science, de mythe, de cinéma et d’aventure, la Devil’s Tower continue de fasciner tous ceux qui la découvrent.



29 avril 2025

Culture : La Légion Étrangère : "La Légion est notre patrie"







  Après la Révolution de Juillet 1830, Louis-Philippe monte sur le trône et hérite d’un pays instable. De nombreux étrangers sont présents en France, souvent anciens soldats sans emploi. Plutôt que de les intégrer dans l’armée régulière, le gouvernement crée une unité spécifique où ces hommes pourront servir, mais uniquement à l’étranger (d’où son nom !). Ainsi en 1831 fut fondée la Légion étrangère, une unité unique au monde. Elle accueille des volontaires de toutes nationalités prêts à servir la France, souvent pour tourner une page, fuir un passé ou chercher un nouvel idéal. Sa devise : Legio Patria Nostra ("La Légion est notre patrie").


  Basée aujourd’hui dans sept casernes, mais présente sur de nombreux théâtres d’opérations (Sahel, Guyane, Djibouti…), la Légion s’est illustrée dans toutes les grandes campagnes françaises : de la conquête de l’Algérie à la guerre d’Indochine, en passant par la bataille de Camerone au Mexique en 1863, acte fondateur de l’esprit légionnaire. 65 légionnaires résistent héroïquement à 2 000 soldats mexicains. Leur sacrifice est devenu le symbole du courage et de la fidélité au devoir.


  La discipline y est de fer, mais elle offre une seconde chance à ceux qui respectent ses règles. On y apprend le dépassement de soi et la fraternité d’armes. Uniformes impeccables, képi blanc et mystique de l’anonymat, tout y contribue à forger une élite. Un dicton dit : "même dans la boue ou le désert, un légionnaire doit avoir des chaussures cirées". Cela traduit l’idée que le respect de soi et du groupe passe par la rigueur, en toute circonstance. A la Légion, peu importe ton passé ou ton origine, tu recommences à zéro, et ta nouvelle famille, c’est la Légion. Les engagés reçoivent un nom d’emprunt à leur arrivée. Cela permet de « tirer un trait » sur une vie passée. Certains rejoignent la Légion pour fuir la guerre, un échec, ou la justice. L’anonymat est sacré, et le pardon implicite. Aujourd’hui, la Légion rassemble des hommes de 140 nationalités différentes, même s’ils finissent tous par parler français. Beaucoup viennent d’Europe de l’Est, d’Amérique latine, ou d’Afrique. Certains sont diplômés, anciens soldats, ou même artistes. Chaque légionnaire a une histoire.


  Pour entrer dans la légion, il suffit de se présenter dans un poste de recrutement. Après les tests (physiques, médicaux, psychotechniques), les recrues passent par le centre de Castelnaudary, où elles subissent un entraînement rude (marche, discipline, vie en collectivité, français intensif). Cette phase dure 4 mois, souvent vécue comme une épreuve initiatique. L’objectif est de casser les repères de l’ancienne vie et rebâtir un soldat discipliné, endurant, fraternel et dévoué. Les journées commencent à 5h du matin. Au programme : Course à pied, marches forcées, pompes, tractions, tir, maniement des armes, manœuvres tactiques, cours de français, treks avec sac de 25 kg, constructions de ponts, bivouacs sous la pluie, etc ... L’un des moments les plus symboliques dans la carrière du légionnaire c'est la marche du "képi blanc"  un trek de plusieurs jours avec peu de sommeil, qui se termine par la remise solennelle du fameux képi blanc. Ce moment scelle l’entrée dans la famille légionnaire.


  Dans l’imaginaire collectif, la Légion est un refuge d’hommes durs, silencieux et loyaux. Mais derrière le mythe, elle reste un outil stratégique moderne et un creuset humain unique. Peu d’armées peuvent se targuer d’avoir inspiré autant de récits.. Films, romans, chansons : la Légion fascine. Elle apparaît dans Beau Geste, dans les films de Jean-Claude Van Damme, dans des bandes dessinées ou des jeux vidéo. Parfois idéalisée, parfois critiquée, elle reste entourée d’un halo de mystère et de respect.



22 avril 2025

Musique : Roger Glover, discret mais essentiel !







  J'écris cet article comme un écho à l'article sur Deep Purple, car Roger Glover était un pilier de Deep Purple. ( voir mon article "Deep Purple, riffs puissants et virtuosité" )

  Né à Brecon au Pays de Galles en 1945, Roger Glover rejoint Deep Purple en 1969, à l’occasion de la formation de ce que les fans appellent la "Mark II", la version mythique du groupe (avec Ian Gillan au chant, Ritchie Blackmore à la guitare, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie). Sa basse, précise et mélodique, devient rapidement le lien entre la puissance de Blackmore et les envolées de Lord. Sur des titres cultes comme "Smoke on the Water", "Child in Time", "Fireball" ou encore "Space Truckin’", Glover ne se contente pas d’accompagner : il construit la colonne vertébrale des morceaux, assurant l'équilibre et la cohésion. Peu le savent, mais Glover est également le principal parolier de Deep Purple durant les années 70. Ses textes, souvent métaphoriques et ancrés dans le réel, donnent une profondeur inattendue aux morceaux du groupe. Sa discrétion contraste avec les egos flamboyants de ses camarades, mais sa fidélité, son talent et sa classe font de lui un pilier discret mais fondamental de l’histoire du rock.

  Connu pour son rôle fondamental dans Deep Purple, Roger Glover a mené, en parallèle, une carrière solo étonnamment variée, à la croisée du rock progressif, de l’expérimentation, et même de la narration musicale. Loin de l’image du simple bassiste, il s’affirme en solo comme un artiste complet, créatif et souvent inattendu. 6 albums solo, 5 compil' et des ventes totales estimées à environ 500 000 exemplaires dans le monde. Il faut souligner que même en solo, Glover n’est jamais seul. Son réseau de musiciens fidèles, souvent issus des sphères de Deep Purple, Rainbow ou plus largement du hard rock britannique, l’accompagne souvent, donnant à ses projets une cohérence sonore, tout en lui laissant la liberté artistique qui lui tient tant à cœur.