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15 janvier 2026

Culture : Le Château Frontenac, sentinelle de pierre et mémoire vivante du Québec

 







  Dominant fièrement le fleuve Saint-Laurent depuis le cap Diamant, le Château Frontenac est bien plus qu’un hôtel de luxe : c’est un symbole intemporel de Québec, un repère historique et l’un des édifices les plus reconnaissables d’Amérique du Nord. Sa silhouette majestueuse, inspirée des châteaux de la Renaissance française, incarne à elle seule l’élégance et l’héritage franco-canadien.


  Construit à la fin du XIXᵉ siècle, le Château Frontenac voit le jour en 1893 sous l’impulsion de la compagnie ferroviaire Canadian Pacific Railway. À l’époque, ces hôtels prestigieux sont pensés comme des vitrines du luxe et des portes d’entrée vers les grands paysages canadiens. L’architecte Bruce Price imagine un bâtiment spectaculaire, mêlant toits de cuivre, tourelles, pignons et façades de pierre, dans un style néo-château volontairement théâtral. Le choix de son emplacement n’est pas anodin. Érigé à l’endroit même où se dressait autrefois le château Saint-Louis, résidence officielle des gouverneurs de la Nouvelle-France, le Frontenac s’inscrit dans une continuité historique forte. Il surplombe la vieille ville fortifiée de Québec, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, offrant une vue imprenable sur le fleuve et les plaines environnantes.


  Dès son ouverture, le Château Frontenac devient un lieu de prestige international. Chefs d’État, artistes, écrivains et têtes couronnées y séjournent, contribuant à sa légende. Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt ou encore Charles de Gaulle font partie des figures historiques qui ont franchi ses portes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel joue même un rôle stratégique : il accueille les conférences de Québec de 1943 et 1944, où sont discutées des décisions majeures concernant le déroulement du conflit.


  Au fil des décennies, le bâtiment évolue sans jamais perdre son âme. Agrandi, rénové, modernisé, il conserve son allure d’origine tout en s’adaptant aux exigences du confort contemporain. Son architecture reste un fascinant mélange d’apparat européen et de grandeur nord-américaine, parfaitement intégré au paysage urbain.


  Le Château Frontenac dépasse largement son statut d’hôtel de prestige pour s’imposer comme un symbole majeur de l’histoire et de l’identité québécoises. Héritier de la Nouvelle-France et acteur discret des grands événements du XXᵉ siècle, il incarne la rencontre entre héritage européen et modernité nord-américaine. Sa présence dominante sur le fleuve et la vieille ville en fait un repère immuable, un monument qui traverse les époques sans perdre sa force évocatrice, rappelant que certains lieux deviennent, avec le temps, de véritables emblèmes culturels.



11 septembre 2025

Culture : Jacques Cartier, le Breton qui a tracé la route du Canada

 







  Jacques Cartier, né en 1491 à Saint-Malo en Bretagne, est l’un des grands explorateurs français du XVIᵉ siècle. Issu d’une famille de marins, il se passionne dès son jeune âge pour la navigation et les aventures lointaines. Son nom reste intimement lié à la découverte du Canada et à l’ouverture d’une route vers le Nouveau Monde pour la France.


  Cartier commence sa carrière maritime comme corsaire et commerçant, mais son destin bascule lorsqu’il attire l’attention de François Ier. En 1534, le roi lui confie une expédition pour explorer le continent nord-américain et trouver un passage vers l’Asie. Cette première expédition le mène sur les côtes de Terre-Neuve et du Golfe du Saint-Laurent. C’est lors de ce voyage qu’il plante une croix sur l’île de Gaspé, revendiquant le territoire au nom du roi de France, et qu’il rencontre les populations autochtones, notamment les Iroquoiens et les Micmacs, avec qui il échange pacifiquement. En 1535, Cartier entreprend sa deuxième expédition, remontant le fleuve Saint-Laurent jusqu’au village de Stadaconé, où se trouve aujourd’hui la ville de Québec. Il atteint Hochelaga, le site de l’actuelle Montréal, et décrit la richesse des terres et la complexité des sociétés autochtones. Ces voyages permettent à la France de mieux connaître le territoire et ses ressources, ouvrant la voie à la colonisation et au commerce de la fourrure. Le troisième voyage, commencé en 1541, est une tentative plus ambitieuse : Cartier souhaite établir une colonie permanente. Malheureusement, ce projet échoue en raison des maladies, des tensions avec les peuples autochtones et de conditions climatiques difficiles. Après cet échec, Cartier retourne en France, mettant fin à ses expéditions dans le Nouveau Monde.


  Jacques Cartier meurt en 1557, mais son héritage reste immense. Ses récits détaillés de navigation et de cartographie contribuent à une meilleure connaissance de l’Amérique du Nord et inspirent les explorateurs qui suivront. Il est considéré comme le pionnier de la présence française au Canada, et son rôle dans l’histoire de la Nouvelle-France est commémoré à travers de nombreuses villes et monuments.


  Son courage, sa curiosité et sa détermination font de Jacques Cartier une figure emblématique de l’ère des grandes découvertes. Ses expéditions, bien que motivées par le commerce et le prestige, ouvrent une fenêtre sur un monde jusqu’alors inconnu des Européens et posent les bases des échanges culturels entre la France et l’Amérique du Nord.



23 juillet 2025

Gastronomie : Les Cabanes à Sucre, là où le Québec se mange







  Les cabanes à sucre, au Québec, sont des genres de restaurants, mais ce ne sont pas non plus de simples restaurants : ce sont des expériences culinaires immersives, saisonnières et festives, nichées au cœur de la campagne. Ouvertes principalement au printemps, elles accueillent des centaines de milliers de convives chaque année, attirés par un menu aussi copieux que typique.


  À la cabane à sucre, la table est un lieu sacré. Ici, on ne choisit pas son plat à la carte : le repas est servi en formule "à volonté", à partager entre convives. Le menu suit les traditions québécoises les plus chaleureuses, avec des plats réconfortants, riches et gourmands :

Soupe aux pois : simple, rustique, nourrissante.

Fèves au lard : mijotées longuement, souvent sucrées-salées

Jambon fumé ou rôti à l’ancienne.

Cretons : une terrine épicée à tartiner.

Omelettes soufflées, pommes de terre rissolées, lard salé croustillant.

Crêpes épaisses, pouding chômeur, beignets maison en dessert.

  Le tout est, bien entendu, accompagné de pain de ménage, de marinades maison, et souvent nappé (ou inondé !) de sirop d’érable.


  Les cabanes à sucre n’ouvrent généralement qu’au début du printemps (mars-avril), pour coïncider avec la saison des sucres. Cette brève ouverture contribue à rendre l’expérience encore plus précieuse. On y va en famille, entre amis, pour se retrouver autour d’un festin généreux, dans une atmosphère qui mêle tradition, nature et gourmandise.


  Manger dans une cabane à sucre, c’est vivre un moment à la bonne franquette, dans une salle rustique souvent en bois rond, avec de longues tablées collectives. On partage le repas, parfois avec des inconnus, dans une ambiance bon enfant, chaleureuse et animée. Certaines cabanes proposent aussi de la musique traditionnelle québécoise, des danses folkloriques, voire des animations pour enfants.

  Parmi les cabanes à sucre les plus connues, on peut citer :

La Cabane à Sucre Chez Dany (Trois-Rivières) l'une des plus populaires, très touristique.

La Sucrerie de la Montagne (Rigaud) une institution classée "site du patrimoine".

Érablière Charbonneau (Mont-Saint-Grégoire) familiale et très appréciée pour son ambiance authentique.


  Mais le Québec regorge aussi de petites cabanes confidentielles, tenues depuis des générations, où l’accueil est sincère, et où l’on mange "comme chez grand-maman".


  Aller manger à la cabane à sucre, c’est bien plus qu’un simple repas : c’est plonger dans le cœur battant de la culture québécoise, à travers des plats simples mais chargés d’histoire et d’amour. Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie ou chaque année, pour les plus chanceux.


( La période idéale pour se rendre au Canada ? lisez  "Nature : L’automne flamboyant du Canada, découvrez l’été indien" )



9 mars 2025

Voyage : Je suis allé dormir chez Churchill !

 



   Il y a une quinzaine d'année de ça, je suis allé visiter le Canada, plus précisément en Québec et en Ontario. 

  Un jour j'ai atterris en Mauricie, dans une pourvoirie (c'est une entreprise, un genre de club qui offre, en échange d'une rémunération, des services et des infrastructures à des fins récréatives en lien avec la pratique de la chasse, de la pêche ou encore de la trappe. Ces entreprises mettent souvent aussi à disposition un service d'hébergement, de location d'équipement et de guide. Par extension, le terme de pourvoirie est utilisé pour désigner le terrain occupé par l'établissement) merci Wikipedia). 

  Elle s'appelait "La Seigneurie du Triton" aussi appelé « Triton Fish & Game Club »

   A 50km² il n'y a rien, rien que la faune et la flore, gaïa et taïga, c'est un bâtiment hôtelier créé dans les années 1870 et où j'ai passé une nuit à la façon nord américaine, feux de bois et marshmallows. Il fut un temps où Roosevelt, et Churchill passaient leur vacance, ensembles, à la chasse ou à la pêche. Eux ainsi que des membres des familles Rockfeller, Kennedy, Molson et Truman. 

(rappelons que le président Roosevelt est décédé à peu près un mois avant la fin de la seconde guerre mondiale et fut remplacé par Herbert Hoover). 

  Du coup j'ai dormis dans une chambre à l'étage où a surement dormi l'un ou l'autre de grands personnages du XXe siècle. Sur cette photo, les fenêtres de la chambre où j'ai dormi, j'ai d'autres photos de la chambre, mais elles sont flou, c'était avant l'arrivée des smartphones. Et puis, que dire de plus, pas de routes, on y arrive en bateau, les eaux du lacs tirent sur le rouge, ballade en hydravion possible. Si vous y allez, passez y une bonne semaine afin de vous reconnecter à la nature. Ne jamais partir seul dans les bois... Si vous tombez sur un ours et que vous n'avez rien pour vous défendre, il faut chanter, ça leur faire peur  et ils s'enfuient (bien sur ne chantez pas "My way" chantez plutôt "la Marseillaise" car ça marche très bien !)

La Seigneurie du Triton