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23 juillet 2025

Gastronomie : Les Cabanes à Sucre, là où le Québec se mange







  Les cabanes à sucre, au Québec, sont des genres de restaurants, mais ce ne sont pas non plus de simples restaurants : ce sont des expériences culinaires immersives, saisonnières et festives, nichées au cœur de la campagne. Ouvertes principalement au printemps, elles accueillent des centaines de milliers de convives chaque année, attirés par un menu aussi copieux que typique.


  À la cabane à sucre, la table est un lieu sacré. Ici, on ne choisit pas son plat à la carte : le repas est servi en formule "à volonté", à partager entre convives. Le menu suit les traditions québécoises les plus chaleureuses, avec des plats réconfortants, riches et gourmands :

Soupe aux pois : simple, rustique, nourrissante.

Fèves au lard : mijotées longuement, souvent sucrées-salées

Jambon fumé ou rôti à l’ancienne.

Cretons : une terrine épicée à tartiner.

Omelettes soufflées, pommes de terre rissolées, lard salé croustillant.

Crêpes épaisses, pouding chômeur, beignets maison en dessert.

  Le tout est, bien entendu, accompagné de pain de ménage, de marinades maison, et souvent nappé (ou inondé !) de sirop d’érable.


  Les cabanes à sucre n’ouvrent généralement qu’au début du printemps (mars-avril), pour coïncider avec la saison des sucres. Cette brève ouverture contribue à rendre l’expérience encore plus précieuse. On y va en famille, entre amis, pour se retrouver autour d’un festin généreux, dans une atmosphère qui mêle tradition, nature et gourmandise.


  Manger dans une cabane à sucre, c’est vivre un moment à la bonne franquette, dans une salle rustique souvent en bois rond, avec de longues tablées collectives. On partage le repas, parfois avec des inconnus, dans une ambiance bon enfant, chaleureuse et animée. Certaines cabanes proposent aussi de la musique traditionnelle québécoise, des danses folkloriques, voire des animations pour enfants.

  Parmi les cabanes à sucre les plus connues, on peut citer :

La Cabane à Sucre Chez Dany (Trois-Rivières) l'une des plus populaires, très touristique.

La Sucrerie de la Montagne (Rigaud) une institution classée "site du patrimoine".

Érablière Charbonneau (Mont-Saint-Grégoire) familiale et très appréciée pour son ambiance authentique.


  Mais le Québec regorge aussi de petites cabanes confidentielles, tenues depuis des générations, où l’accueil est sincère, et où l’on mange "comme chez grand-maman".


  Aller manger à la cabane à sucre, c’est bien plus qu’un simple repas : c’est plonger dans le cœur battant de la culture québécoise, à travers des plats simples mais chargés d’histoire et d’amour. Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie ou chaque année, pour les plus chanceux.


( La période idéale pour se rendre au Canada ? lisez  "Nature : L’automne flamboyant du Canada, découvrez l’été indien" )



28 mai 2025

Nature : Les Aurores boréales, invitation à l’émerveillement

 






  Tout commence à des centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. Les aurores boréales, aussi appelées "aurores polaires", sont le fruit d'une rencontre spectaculaire entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre. Chargées de particules électrisées, ces bourrasques venues du Soleil entrent en collision avec les atomes de notre haute atmosphère, provoquant une libération d’énergie sous forme de lumière. Résultat : des drapés verts, parfois rouges ou violets, qui ondulent dans le ciel nocturne comme un voile vivant. Ce phénomène naturel, à la fois scientifique et mystique, fascine l’humanité depuis l’aube des temps. Les peuples nordiques ne sont pas restés indifférents à ce spectacle céleste. Chez les Samis (voir l'article : Anthropologie : Le peuple Sâme au nord de la Scandinavie), les aurores boréales étaient considérées comme des âmes ou des esprits, et il fallait éviter de les montrer du doigt, sous peine de mauvaise fortune. En Islande, on disait que les femmes enceintes ne devaient pas les regarder, au risque de donner naissance à des enfants strabiques. Les Inuits du Groenland, eux, croyaient que les aurores étaient les âmes des morts jouant au football avec un crâne de morse ! Même les Romains y voyaient parfois des signes divins ou des présages de guerre.


  Pour observer ces phénomènes, il faut se rendre dans les régions proches des cercles polaires, notamment au nord de la Norvège, en Finlande, en Islande, au Canada, en Alaska ou encore au Groenland. Des lieux comme Tromsø, Abisko ou Yellowknife sont devenus des sanctuaires pour les chasseurs d’aurores. Plus le ciel est sombre, dégagé et éloigné de toute pollution lumineuse, meilleures sont les chances d’admirer ce ballet céleste. L’hiver, avec ses longues nuits, est la meilleure saison, même si certaines aurores peuvent être visibles dès septembre. Le photographe français Paul Zizka raconte avoir attendu plus de trois semaines en Alaska pour capter “l’aurore parfaite”, celle qui envahit tout le ciel en un déferlement d’ondes vertes et roses. D'autres aventuriers, comme les explorateurs polaires du XIXe siècle, notaient dans leurs journaux des descriptions si poétiques qu'elles semblent tirées d’un rêve : "Le ciel s’ouvrit comme un rideau d’émeraude, et les étoiles semblèrent s’éteindre devant la lumière nouvelle". L’astronaute canadien David Saint-Jacques, quant à lui, a même observé une aurore depuis l’espace, la décrivant comme “une pulsation vivante de la Terre elle-même”.

  Les couleurs varient selon le type d’atome heurté : le vert provient de l’oxygène, tout comme le rouge (à plus haute altitude), tandis que l’azote donne du bleu ou du violet. Ce dialogue entre Soleil et Terre est si puissant qu’il peut perturber les GPS, les communications radio, voire provoquer des pannes d’électricité lors d’éruptions solaires particulièrement intenses. L’aurore est donc à la fois un spectacle féerique et un rappel de notre fragilité technologique. Le célèbre orage solaire de 1859, dit "événement de Carrington", provoqua des aurores visibles jusqu’à Rome, et fit exploser des lignes télégraphiques.

  Assister à une aurore boréale en direct, c’est vivre un instant suspendu, entre science et magie. Certains la décrivent comme une révélation, d’autres comme une forme d’hypnose visuelle. Elle rappelle que notre planète, bien qu’enfermée dans ses habitudes et ses technologies, reste profondément liée aux forces cosmiques. Pour les amoureux de la nature, les rêveurs et les passionnés de ciel, les aurores sont plus qu’un phénomène : ce sont des messagères de lumière, venues nous rappeler que l’univers danse, et que parfois, la Terre danse avec lui.



25 mars 2025

Anthropologie : Les Hmongs, peuples des montagnes d'Asie du Sud-Est








  Les Hmongs viennent du sud de la Chine où ils sont appelés Miao, beaucoup d'entre eux ont migrés au nord du Vietnam et du Laos au XVIIIe siècle pour fuir les persécutions et l'acculturation imposée par les empereurs de Chine. D'ailleurs, de nos jours, moins de la moitié des 6 millions de gens de cette ethnie vivent toujours en Chine. Les hmongs sont partout dans le monde, en occident ils sont pour beaucoup aux USA et en France. Ils sont montrés du doigt pour avoir collaboré avec les américains et les français durant les guerres au Vietnam et au Laos. En échange d'aide et de protection, les USA ont recrutés des milliers d'entre eux. Mais après la victoire des communistes, ils ont été violement réprimés et poussés à l'exil. Des milliers d'entre eux ont fuit leur contrée pour aller en Thaïlande, en traversant la jungle et le Mékong au péril de leur vie. Beaucoup sont morts de maladies, de noyades, ou ont été victimes de mines anti personnelles. Une fois sur place, ils ont été cantonnés à des camps de réfugiés, pendant des années, avant d'être expulsés. En France les hmongs sont un modèle d'adaptation, ils travaillent dans les champs, et de nos jours il existe toujours un marché hmong à Avignon.


  La langue hmong est une langue tonal, divisée en plusieurs dialectes. La culture hmong se distingue par ses fêtes, ses vêtements, sa spiritualité et ses traditions. En quelques mots, je dirais que c'est une ethnie complexe et complète.


  Ils ne sont rentrés dans l'histoire dans les années 1950, auparavant la langue hmong se transmettait uniquement à l'oral. Au début des années 50, un groupe de missionnaire leur ont créé un alphabet latin, connu sous d'alphabet romanisé du Hmong. Aujourd'hui il est le plus populaire au sein de l'ethnie, bien qu'il existe aussi des systèmes d'écriture alternatifs.


  Il existe des variations sociétales au sein de la communauté, on parle de hmongs blancs, hmongs verts, rouges, etc... Leurs vêtements sont confectionnés avec soin, souvent en chanvre, souvent colorés et finement brodés. Certains groupes utilisent des couleurs voyantes et d'autres des couleurs plus sobres. Les hommes portent souvent des vestes courtes et des pantalons larges. Les femmes portent des vêtements brodés principalement avec des fleurs des montagnes et des papillons  Sur le plan spirituel, beaucoup d'entre eux pratiquent l'animisme, le culte des ancêtres et celui de la nature. Le chamanisme joue toujours un rôle précis dans la guérison des maladies et la vie dans la communauté. Leurs rites funéraires sont assez poussés. Lorsqu'un hmong meurt, il est guidé vers le monde de ses ancêtres à l'aide de rituels et de cérémonies. On joue aussi de la flute (qeej) pour accompagner l'âme du défunt.


  Leurs habitats traditionnels sont fait de bois et de bambous avec des toits en chaumes. Construite sur pilotis à certains endroit, la maison n'est pas seulement un lieu de vie, c'est aussi là qu'ont lieux des rituels et des offrandes, là encore le feu possède un rôle primordiale. 


  La gastronomie hmong est très simple, à base de riz, de maïs, porc et de volailles principalement. et en Asie il pratiquent l'agriculture sur brûlis pour étendre leurs terres cultivables. Ils pratiquent aussi mais de moins en moins, la culture du pavot (Opium). 


  Encore une ethnie où le rôle des hommes et des femmes sont complémentaires, l'homme chasse, construit, et mène les rituels religieux. La femme s'occupe des enfants, de l'artisanat et de la cuisine. Les anciens, hommes et femmes prennent les décisions les plus fondamentales.


  Il y a trois types de fête importantes :

- Le Noj Peb Caug qui est le nouvel an des hmongs. Au cours duquel les jeunes jouent à un jeu appelé le "Pov Pob". Il s'agit un jeu de balle en tissus, simple, se joue entre jeunes hommes et jeunes femmes. Le but de ce jeu est de se trouver un partenaire amoureux. Les jeunes échangent des regards et des sourires, et parfois cela mène à un mariage.

- Les cérémonies animistes

  Et enfin :

- Les mariages, souvent traditionnels, souvent arrangés. Il fut un temps ou un homme pouvait kidnapper la femme qu'il voulait épouser, on appelait ça le "zij". Ce genre d'actions ne se pratique plus, il est devenu anecdotique du passé des hmongs.


  Les hmongs, bien que légèrement différents ça et là, ont des légendes en commun. Le mythe créateur de la civilisation c'est un frère et une sœur qui ont survécus à un déluge en se cachant dans un tambours creux. Ils auraient demandé à leurs ancêtres comment repeupler le monde, ce à quoi ils ont répondu qu'ils devaient se marier. Pour éviter l'inceste, ils ont pratiqué un rituel qui consistait à faire rouler deux meules de riz du haut du colline, si elles se rejoignaient c'était un signe, ce qui arriva. Et voilà comment le peuple Hmong fut créé. Une autre légende, appelé "L'épée sacrée et le royaume oublié" on raconte qu'un roi possédait une épée qui le rendait complètement invincible face aux armées chinoises. Un jour elle fut volée et cachée dans une montagne, et c'est à partir de là que le peuple fut obligé de fuir. On dit que, la retrouver, permettrait de retrouver la grandeur passée des hmongs.