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18 août 2026

Culture : Fred Scamaroni, une figure incontournable de la Résistance corse

 







  Godefroy Scamaroni, plus connu sous le nom de Fred Scamaroni, reste l’une des grandes figures de la Résistance corse durant la Seconde Guerre mondiale. 


  Né à Ajaccio le 24 octobre 1914, ce jeune haut fonctionnaire et officier choisit très tôt de refuser la défaite française et de rejoindre la France libre. Son destin sera intimement lié à celui de son île, qu’il contribuera à préparer à la Libération. Issu d’une famille liée à l’administration préfectorale, Fred Scamaroni suit des études de droit avant d’embrasser lui-même une carrière préfectorale. Il devient chef de cabinet du préfet du Doubs, puis du Calvados. Lorsque la guerre éclate en 1939, il est mobilisé et sert notamment dans l’aviation comme observateur. Après l’armistice de juin 1940, Scamaroni refuse de se résigner. Il rejoint la France libre et se rallie au général de Gaulle. Volontaire pour l’opération de Dakar, il est capturé par les forces restées fidèles à Vichy. Condamné à mort, il échappe finalement à l’exécution et est rapatrié en France à la fin de l’année 1940. Mais cette expérience ne l’éloigne pas du combat. De retour en France, il participe à la Résistance et fonde notamment le réseau de renseignements Copernic. Recherché par la Gestapo, il rejoint Londres à la fin de 1941 et intègre le BCRA, le service de renseignement et d’action de la France libre.


  Pour de Gaulle, la Corse représente un enjeu stratégique majeur. Située au cœur de la Méditerranée, l’île peut constituer une base essentielle pour les opérations alliées. Dès 1941, Scamaroni commence donc à établir des contacts avec les résistants corses et pose les bases du futur réseau Action R2 Corse. Le 7 janvier 1943, il débarque clandestinement près d’Ajaccio dans le cadre de la mission Sea Urchin, sous l’identité du capitaine François Edmond Severi. Sa tâche est considérable : organiser les réseaux, préparer des parachutages, recruter des combattants et surtout tenter d’unifier les différentes composantes de la Résistance insulaire. La tâche est particulièrement difficile. La Résistance corse est composée de plusieurs mouvements qui ne partagent pas toujours les mêmes orientations politiques. Scamaroni tente néanmoins de dépasser ces divisions afin de préparer une action commune contre l’occupation italienne et allemande.


  Au printemps 1943, alors que le réseau est actif, la police politique italienne, l’OVRA, parvient à remonter jusqu’à son entourage. Son radio est arrêté et le réseau est progressivement compromis. Fred Scamaroni est finalement arrêté à Ajaccio en mars 1943. Emprisonné dans la citadelle d’Ajaccio, il est soumis à de violentes tortures. Pourtant, il refuse de livrer les informations dont il dispose. Pour éviter de parler sous la torture et de mettre en danger ses compagnons, il choisit finalement de mettre fin à ses jours dans sa cellule, le 19 mars 1943 selon les sources historiques et commémoratives françaises. Son geste fait de lui un martyr de la Résistance corse. Il avait réussi à protéger l’essentiel de son réseau jusqu’au bout et à préserver le secret de sa mission. Son dernier message, laissé dans sa cellule, résume le choix qu’il avait fait depuis 1940 : rester fidèle à la France libre et au général de Gaulle.


  La mort de Fred Scamaroni ne met pas fin au travail entrepris pour préparer la libération de la Corse. Quelques mois plus tard, l’île devient le premier département français métropolitain libéré, entre septembre et octobre 1943. D’autres résistants prennent alors le relais et poursuivent l’organisation de la lutte. À titre posthume, Fred Scamaroni est nommé Compagnon de la Libération en octobre 1943. Il reçoit également la Légion d’honneur, la Croix de Guerre 1939-1945 et la Distinguished Service Order britannique. Sa mémoire est aujourd’hui encore honorée en Corse, notamment à Ajaccio, ville où il est né et où il est mort.


  Fred Scamaroni appartient à cette génération qui, au lendemain de la défaite de 1940, choisit de continuer le combat malgré les risques. Pour la Corse, son nom est particulièrement lié à la naissance et à l’unification de la Résistance gaulliste dans l’île. Son parcours, de la haute administration à la clandestinité, puis de Londres à Ajaccio, illustre l’engagement d’un homme qui fit passer la liberté avant sa propre vie. Mort à seulement 28 ans, Fred Scamaroni demeure ainsi l’une des figures emblématiques de la Résistance corse et de la France libre.



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