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21 août 2026

Culture : Blücher, le maréchal prussien qui fit tomber Napoléon

 







  Gebhard Leberecht von Blücher est l’une des grandes figures militaires des guerres napoléoniennes. Surnommé « Marschall Vorwärts », que l’on peut traduire par « maréchal En avant », il est connu pour son tempérament offensif, son courage et sa détermination. Né en 1742 et mort en 1819, il connut une longue carrière militaire avant de devenir, à plus de 70 ans, l’un des principaux adversaires de Napoléon Bonaparte.


  Né le 16 décembre 1742 à Rostock, Blücher appartient à la petite noblesse. Il commence sa carrière militaire dans l’armée suédoise avant de rejoindre les troupes prussiennes. Il participe notamment aux guerres de Silésie et se fait remarquer par son caractère énergique et combatif. Au fil des années, il gravit les différents échelons de la hiérarchie militaire et devient général. Blücher affronte ensuite les armées de la Révolution française. Il développe alors une véritable hostilité envers la France révolutionnaire, puis envers Napoléon. Mais son destin change profondément en 1806, lorsque la Prusse entre en guerre contre l’Empire français. Les batailles d’Iéna et d’Auerstaedt se transforment en véritable catastrophe pour l’armée prussienne, qui est rapidement écrasée par les troupes françaises. Blücher tente de poursuivre la lutte et organise une difficile retraite vers le nord. Il finit toutefois par capituler. La défaite prussienne entraîne une profonde remise en question de l’armée du royaume. Des réformateurs comme Scharnhorst et Gneisenau entreprennent alors de moderniser les structures militaires prussiennes. Blücher, malgré son âge déjà avancé, retrouve progressivement une place importante dans cette armée en pleine transformation.


  La situation européenne change après la désastreuse campagne de Russie de 1812. En 1813, la Prusse se soulève à nouveau contre Napoléon et rejoint la coalition formée avec la Russie, puis avec d’autres puissances européennes. Blücher prend le commandement d’une importante armée et devient l’un des adversaires les plus déterminés de l’Empereur. Son caractère offensif lui vaut rapidement son célèbre surnom de « Marschall Vorwärts ». Blücher aime attaquer, avancer et maintenir la pression sur l’ennemi. Il connaît pourtant plusieurs défaites, mais celles-ci ne suffisent jamais à briser sa volonté de combattre. Son chef d’état-major, Gneisenau, complète efficacement son tempérament fougueux par une approche plus méthodique.


  La grande victoire alliée de Leipzig, en octobre 1813, constitue un tournant décisif. La « bataille des Nations » inflige une lourde défaite à Napoléon, qui doit abandonner l’Allemagne et se replier vers la France. Blücher fait partie des chefs militaires qui poursuivent alors les forces françaises jusque sur leur propre territoire. En 1814, les armées de la coalition envahissent la France. Napoléon réussit encore à démontrer son talent militaire pendant la campagne de France, infligeant plusieurs défaites à ses adversaires. Mais les forces coalisées disposent d’une supériorité numérique considérable. Paris tombe finalement en mars 1814 et Napoléon abdique avant d’être envoyé en exil sur l’île d’Elbe. L’histoire connaît cependant un dernier rebondissement. En mars 1815, Napoléon revient en France et reprend le pouvoir. C’est le début des Cent-Jours. Les puissances européennes reconstituent immédiatement une coalition et Blücher reprend le commandement de l’armée prussienne. Face à lui se trouve notamment le duc de Wellington, qui dirige les forces britanniques et alliées stationnées en Belgique.


  Le 16 juin 1815, Blücher affronte Napoléon à Ligny. Les Prussiens sont battus et leur chef est gravement exposé lorsque son cheval est tué sous lui. Malgré cette défaite, Blücher refuse de considérer la campagne comme terminée. Il réorganise ses troupes et promet de rejoindre Wellington aussi rapidement que possible. Deux jours plus tard, le 18 juin 1815, Napoléon affronte Wellington à Waterloo. La bataille est longtemps indécise. Les Français attaquent à plusieurs reprises les positions alliées, mais les Prussiens finissent par apparaître sur le champ de bataille. L’arrivée des troupes de Blücher exerce une pression décisive sur l’armée française. La position de Napoléon devient progressivement intenable et l’armée française finit par s’effondrer.


  Waterloo marque la défaite définitive de Napoléon. L’Empereur abdique quelques jours plus tard et est envoyé en exil sur l’île de Sainte-Hélène. Blücher, lui, devient un héros en Prusse et dans les États allemands. À plus de 70 ans, il vient de participer à la campagne qui met définitivement fin à la domination napoléonienne en Europe.


  Blücher meurt le 12 septembre 1819, à l’âge de 76 ans. Son nom reste profondément associé à Waterloo et à la victoire des puissances européennes sur Napoléon. De nombreux monuments et représentations lui rendent hommage, notamment en Allemagne. Il incarne également la renaissance de l’armée prussienne après l’humiliation de 1806. Blücher n’était probablement pas un stratège comparable à Napoléon, mais il possédait une qualité essentielle : il refusait d’abandonner. Après des défaites sévères, des campagnes éprouvantes et même une blessure à Ligny, il revenait toujours au combat. Son intervention à Waterloo symbolise ainsi l’ultime défaite de Napoléon et fait de Blücher l’un des grands soldats de l’Europe du début du XIXᵉ siècle.


  En conclusion, Blücher demeure une figure incontournable de l’histoire militaire européenne. Fougueux, courageux et déterminé, il participa aux grandes campagnes qui conduisirent à l’effondrement de l’Empire napoléonien. Son rôle à Leipzig puis à Waterloo contribua directement à la victoire de la coalition. Derrière le vieux maréchal prussien se cache surtout l’image d’un homme qui, malgré les défaites et l’âge, continua toujours d’avancer. Une ténacité qui explique parfaitement son célèbre surnom : « Marschall Vorwärts », le maréchal « En avant ».



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