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29 septembre 2026

Culture : La bataille de Kolwezi, l’opération qui marqua la Légion étrangère

 







  En mai 1978, la ville de Kolwezi, au cœur de la riche région minière du Shaba, dans le sud-est du Zaïre, devient le théâtre d’une crise aussi brutale que spectaculaire. Des rebelles katangais prennent le contrôle de la ville et les violences éclatent rapidement contre la population civile. Des milliers d’Européens et d’Africains se retrouvent pris au piège dans une ville devenue dangereuse, tandis que les autorités zaïroises peinent à reprendre le contrôle de la situation. Kolwezi, aujourd’hui située en République démocratique du Congo, va alors entrer dans l’histoire militaire contemporaine.


  La ville est occupée le 13 mai 1978 par des combattants katangais. Les massacres et les exactions qui suivent provoquent une véritable panique parmi les habitants étrangers. Le gouvernement français reçoit des informations alarmantes provenant notamment de son ambassadeur et de sa mission militaire sur place. Le président Valéry Giscard d’Estaing décide finalement de faire intervenir les forces françaises afin de porter secours aux ressortissants menacés. La mission est confiée au 2e régiment étranger de parachutistes, le célèbre 2e REP de la Légion étrangère, commandé par le colonel Philippe Erulin. L'opération reçoit le nom de « Bonite », tandis que l'ensemble de l'intervention française est également désigné sous le nom d'« opération Léopard ». Le temps presse : les rebelles envisagent de quitter Kolwezi en emmenant avec eux des Européens et en détruisant les installations industrielles de la région. Les légionnaires sont donc préparés dans l'urgence. Depuis la France, ils rejoignent Kinshasa avant de poursuivre leur route vers Kolwezi, à près de 8 000 kilomètres de leur base.


  Les premiers parachutistes sautent sur Kolwezi le 19 mai. L'effet de surprise est considérable. Les différentes compagnies du 2e REP progressent rapidement dans la ville malgré la résistance de groupes rebelles. Une seconde vague est larguée le lendemain afin de renforcer le dispositif et de prendre le contrôle d'autres secteurs. Les combats sont particulièrement violents autour de plusieurs points stratégiques, notamment l'hôtel Impala et l'hôpital. Le 20 mai au soir, Kolwezi est considérée comme sécurisée.


  L'intervention française n'est cependant qu'une partie de l'opération. Les parachutistes belges arrivent eux aussi dans la région, principalement afin de participer à l'évacuation des ressortissants européens. En quelques jours, plus de 2 000 Européens sont évacués. Derrière cette réussite, la réalité humaine demeure terrible : les rues de Kolwezi portent les traces des massacres et les pertes civiles sont importantes, parmi les populations européennes comme zaïroises. Le ministère français des Armées estime notamment à environ 120 le nombre d'Européens tués et à près de 500 celui des Zaïrois, civils et militaires, morts durant les événements. Les combats ne s'arrêtent d'ailleurs pas immédiatement après la reprise de la ville. Les légionnaires effectuent des reconnaissances autour de Kolwezi et affrontent encore des groupes katangais dans plusieurs secteurs. Une partie des rebelles finit par se replier vers l'Angola. Une force africaine composée notamment de soldats marocains, gabonais, ivoiriens, sénégalais et togolais prend ensuite progressivement le relais des forces françaises. Pour le 2e REP, le bilan est lourd : cinq légionnaires sont tués et plusieurs autres sont blessés. L'opération montre cependant la capacité de l'armée française à projeter très rapidement une unité aéroportée à des milliers de kilomètres de la métropole et à lui faire reprendre le contrôle d'une ville en situation de crise. Kolwezi devient ainsi un épisode majeur de l'histoire des interventions extérieures françaises et contribue à renforcer la réputation opérationnelle des unités parachutistes.


  La bataille de Kolwezi reste néanmoins une histoire plus complexe qu'une simple victoire militaire. Elle s'inscrit dans la guerre du Shaba, dans les tensions politiques du Zaïre de Mobutu et dans le contexte international de la guerre froide. L'intervention française répond à une urgence humanitaire et à la volonté de sauver des ressortissants, mais elle intervient également dans une région stratégique où se mêlent intérêts miniers, rivalités régionales et affrontements politiques. C'est cette combinaison d'enjeux humains, militaires et géopolitiques qui donne à Kolwezi une place particulière dans l'histoire africaine et française de la fin des années 1970.


  Aujourd'hui encore, Kolwezi demeure associée dans la mémoire militaire française au parachutage du 2e REP et à l'opération Bonite. Les photographies prises pendant les combats, notamment celles du photojournaliste Patrick Chauvel, ont contribué à fixer dans les mémoires les images de cette intervention. Près d'un demi-siècle plus tard, Kolwezi reste ainsi l'un des épisodes les plus connus de l'histoire contemporaine de la Légion étrangère et un témoignage saisissant des interventions militaires menées dans le contexte tourmenté de l'Afrique des années 1970.


  La bataille de Kolwezi appartient à ces épisodes historiques où quelques jours suffisent à bouleverser durablement les mémoires. En mai 1978, une ville minière du Zaïre devient le centre d'une crise internationale et voit intervenir des parachutistes français, belges et zaïrois dans une opération marquée à la fois par les combats, les massacres et l'évacuation de milliers de personnes. Kolwezi demeure aujourd'hui un événement incontournable pour comprendre l'histoire militaire française, la guerre du Shaba et les bouleversements qui traversaient l'Afrique centrale à la fin des années 1970.



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