The Virgins apparaissent au milieu des années 2000 dans le bouillonnement musical de New York, autour de Donald Cumming, chanteur, guitariste et principal auteur du groupe. Originaires de Manhattan, les musiciens développent rapidement une identité qui mélange rock indépendant, post-punk, new wave et rythmes dansants. Leur musique possède quelque chose de très urbain : des guitares nerveuses, une basse particulièrement présente, des refrains immédiats et cette nonchalance typiquement new-yorkaise qui donnera rapidement au groupe une image élégante et légèrement provocatrice. Le premier véritable coup d’éclat arrive avec « Rich Girls ». Présent sur leur premier EP puis repris sur leur album éponyme de 2008, le morceau devient rapidement leur signature. Son groove dansant, ses guitares acérées et son refrain accrocheur correspondent parfaitement à l'atmosphère musicale de la fin des années 2000. Le titre bénéficie également d'une importante exposition grâce à la série Gossip Girl, qui utilise plusieurs morceaux du groupe et contribue à installer The Virgins auprès d'un public plus large. L’album The Virgins, paru en 2008, confirme cette formule. « She's Expensive », « One Week of Danger », « Radio Christiane », « Private Affair » ou encore « Murder » montrent un groupe capable de passer d'un rock nerveux à des compositions plus funky et dansantes. Les influences de la new wave et du rock new-yorkais des années 1970 et 1980 sont perceptibles, mais The Virgins ne cherchent pas à reproduire mécaniquement leurs modèles : ils les transforment en une musique moderne, compacte et particulièrement efficace. Cette période propulse le groupe sur les scènes internationales. The Virgins jouent notamment aux côtés d'artistes majeurs de la scène new-yorkaise et participent à différents festivals et tournées. Leur réputation repose autant sur leurs chansons que sur leur présence scénique, avec un rock conçu pour être joué fort et partagé avec le public. Leur esthétique, très liée à New York et à la mode de l'époque, participe également à leur identité. Mais The Virgins ne restent pas figés dans le succès de « Rich Girls ». Après plusieurs changements de formation et un changement de label, le groupe revient en 2013 avec Strike Gently, publié chez Cult Records, le label associé à Julian Casablancas. Le disque conserve une partie de leur ADN rock et new wave tout en explorant des ambiances plus travaillées et parfois plus douces. « Prima Materia », « Flashbacks, Memories, and Dreams » et « Impressions of You » témoignent notamment de cette évolution. Cette deuxième période est cependant la dernière. En novembre 2013, Donald Cumming annonce la séparation du groupe et souhaite poursuivre son parcours musical en solo. The Virgins auront donc connu une existence relativement courte, mais suffisamment riche pour laisser quelques morceaux très reconnaissables dans le paysage du rock indépendant new-yorkais. Ce qui rend The Virgins intéressants aujourd'hui, c'est justement cette capacité à condenser une certaine idée du New York des années 2000 : des guitares élégantes, des rythmes dansants, une attitude désinvolte et des chansons immédiatement mémorisables. « Rich Girls » reste évidemment leur morceau emblématique, mais leur premier album révèle un groupe beaucoup plus riche qu'un simple groupe à tube. Entre rock, new wave, funk et pop, The Virgins ont construit une musique à la fois accessible et pleine de caractère.
The Virgins auront traversé la scène new-yorkaise comme une comète, avec deux albums seulement mais une identité suffisamment forte pour laisser une véritable empreinte. Leur mélange de rock, de new wave et de groove, porté par la voix reconnaissable de Donald Cumming, possède encore aujourd'hui cette fraîcheur propre aux groupes qui ont su capter l'énergie d'une époque sans complètement s'y enfermer. « Rich Girls » demeure leur porte d'entrée la plus célèbre, mais derrière ce titre se cache une formation inventive, élégante et résolument new-yorkaise, dont les chansons continuent de fonctionner dès les premières secondes.
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