Présentée en mai 1968, la Citroën Méhari fait son apparition dans une période de profonds changements sociaux et culturels. Cette petite voiture ouverte, reconnaissable à ses formes anguleuses et à ses couleurs vives, propose une conception originale de l'automobile. À l'origine du projet, Roland de la Poype imagine un véhicule léger, pratique et facile à utiliser, capable de répondre aussi bien aux besoins des professionnels qu'aux envies d'évasion des particuliers. Son nom fait référence au méhari, un dromadaire réputé pour son endurance, une appellation qui correspond bien à l'esprit de cette automobile hors du commun.
La Méhari se distingue notamment par sa carrosserie en plastique ABS, un matériau qui lui permet de se démarquer des voitures traditionnelles en acier. Légère et résistante à la corrosion, cette enveloppe colorée contribue largement à son identité visuelle. Sa capote amovible, ses éléments démontables et son habitacle dépouillé favorisent une utilisation simple et décontractée. Reposant sur une base mécanique apparentée à celle de la Citroën Dyane, elle privilégie la légèreté et la facilité d'entretien plutôt que les performances. Avec elle, les trajets prennent une dimension différente : les passagers profitent davantage du paysage, de l'air libre et de la proximité avec leur environnement. Au fil des années, la Méhari conquiert une clientèle variée. Les professionnels apprécient sa polyvalence, tandis que les vacanciers l'adoptent pour circuler dans les stations balnéaires et sur les petites routes de campagne. En 1979, l'arrivée d'une version à quatre roues motrices élargit encore ses possibilités d'utilisation. Le véhicule trouve également sa place dans l'armée française, où sa légèreté et sa conception pratique présentent un intérêt certain. Sa popularité s'étend aussi au cinéma, contribuant à installer son image dans la mémoire collective. La production se poursuit jusqu'en 1987, avec environ 145 000 exemplaires fabriqués, faisant de cette automobile un modèle marquant de l'histoire de Citroën.
Aujourd'hui, la Méhari conserve une place particulière dans le patrimoine automobile français. Les exemplaires anciens sont recherchés par les collectionneurs et continuent de circuler lors de rassemblements, de promenades estivales et de manifestations consacrées aux voitures anciennes. En 2016, Citroën fait revivre son nom avec l'E-Méhari, un modèle électrique découvrable qui reprend une partie de l'esprit de liberté associé à son aînée. Si les deux véhicules appartiennent à des époques différentes, ils partagent une même volonté de proposer une automobile originale, tournée vers les loisirs et les déplacements en plein air.
La Méhari reste ainsi bien davantage qu'une simple voiture populaire. Elle incarne une certaine idée de la liberté, de la simplicité et de l'insouciance, associée aux grandes vacances et aux routes ensoleillées. Avec sa silhouette immédiatement reconnaissable, elle a traversé les générations sans perdre son charme singulier. Dans l'histoire automobile française, rares sont les modèles qui ont réussi à devenir de véritables symboles culturels tout en conservant une image aussi accessible et joyeuse. La Méhari demeure l'un de ces véhicules qui rappellent qu'une automobile peut aussi être une invitation permanente à prendre la route et à profiter du voyage.
