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17 février 2026

Culture : La Perestroïka, la réforme qui a fait vaciller l’URSS

 







  La Perestroïka (qui signifie « restructuration » en russe) désigne l’ensemble des réformes politiques et économiques lancées à partir de 1985 par Mikhaïl Gorbatchev afin de moderniser l’Union soviétique, alors en crise profonde. Ce programme visait à transformer un système figé, marqué par la stagnation économique, la bureaucratie lourde et un retard technologique croissant face aux puissances occidentales. Plus qu’une simple réforme administrative, la Perestroïka fut une tentative ambitieuse de sauver le modèle soviétique en l’adaptant au monde moderne.


  Dès son arrivée au pouvoir, Gorbatchev constate que l’économie planifiée centralisée ne fonctionne plus efficacement. Les pénuries sont fréquentes, la production industrielle stagne et l’agriculture peine à nourrir la population. Pour remédier à cette situation, il introduit des mécanismes inspirés de l’économie de marché : autonomie accrue des entreprises, autorisation limitée de coopératives privées et ouverture progressive aux investissements étrangers. Ces changements remettaient en cause les principes mêmes du système socialiste traditionnel. Mais la Perestroïka ne se limite pas à l’économie. Elle s’accompagne d’une autre politique majeure : la glasnost (« transparence »), qui autorise davantage de liberté d’expression et réduit la censure. Les médias commencent à évoquer des sujets jusque-là tabous, comme les crimes du passé stalinien ou les difficultés sociales contemporaines. Cette ouverture provoque un véritable choc culturel dans une société habituée au contrôle strict de l’information.


  Les réformes rencontrent toutefois une forte résistance interne, notamment au sein du Parti communiste de l'Union soviétique, dont certains membres craignent de perdre leurs privilèges. Parallèlement, l’assouplissement politique encourage les mouvements nationalistes dans les républiques soviétiques, qui réclament davantage d’autonomie, voire l’indépendance. Ce phénomène contribue à fragiliser l’unité de l’État. Sur le plan international, la Perestroïka transforme aussi les relations Est-Ouest. Gorbatchev adopte une diplomatie plus conciliante, réduit les dépenses militaires et signe des accords de désarmement avec les États-Unis. Cette détente participe à la fin de la guerre froide et favorise les bouleversements politiques en Europe de l’Est, symbolisés par la chute du mur de Berlin en 1989. Malgré ses intentions réformatrices, la Perestroïka produit des effets contradictoires. Les changements sont trop rapides pour les conservateurs et trop lents pour les réformateurs. L’économie se désorganise, l’inflation augmente et le mécontentement populaire grandit. En 1991, une tentative de putsch menée par des dirigeants hostiles aux réformes échoue, mais elle accélère l’effondrement du système soviétique.


  La même année, l’Union soviétique disparaît officiellement, marquant la fin d’une superpuissance qui avait dominé une grande partie du XXᵉ siècle. La Perestroïka reste aujourd’hui un moment charnière de l’histoire contemporaine : elle illustre la difficulté de transformer un système politique rigide sans provoquer sa désintégration. Elle demeure aussi l’exemple d’une réforme conçue pour sauver un régime, mais qui contribua finalement à sa chute.



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