Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Etats-Unis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Etats-Unis. Afficher tous les articles

26 juillet 2025

Culture : La Statue de la Liberté, une flamme made in France

 








  Dominant la baie de New York depuis 1886, la Statue de la Liberté est bien plus qu’un monument. C’est un symbole universel de liberté, de démocratie et d’accueil. Offerte par la France aux États-Unis pour célébrer le centenaire de leur indépendance, cette statue colossale a été imaginée par le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi, un artiste originaire de Colmar, en Alsace. Il a grandi dans une région marquée par les bouleversements franco-allemands, ce qui a nourri en lui un profond attachement à la liberté. La structure interne de la statue fut conçue par Gustave Eiffel, futur créateur de la célèbre tour parisienne. Haute de 93 mètres socle compris, elle représente une femme drapée dans une toge, tenant une torche dans sa main droite, et une tablette dans sa main gauche où est gravée la date du 4 juillet 1776, jour de la Déclaration d’indépendance américaine. À ses pieds, des chaînes brisées symbolisent la fin de l’oppression. Transportée en pièces détachées depuis la France, la statue fut remontée sur Liberty Island, face à Manhattan. Inaugurée le 28 octobre 1886, elle incarna d’abord la fraternité entre les deux nations, puis devint un emblème d’espoir pour les millions d’immigrants qui arrivaient par la mer. Avant la pandémie, la statue accueillait environ 4,5 millions de visiteurs par an. En 2023, ils étaient près de 3,7 millions, preuve que ce monument continue d’attirer des visiteurs du monde entier. Une réplique de 12 mètres trône aujourd’hui à l’entrée de Colmar, en hommage à Bartholdi.


  La Statue de la Liberté n’est pas qu’un monument célèbre : elle est un mythe moderne, un phare d’humanité dans l’histoire des peuples. Elle rappelle que la liberté est un bien précieux, à préserver et à transmettre.



4 mai 2025

Culture : Georges Washington, le père de la nation américaine







  Né le 22 février 1732 en Virginie, George Washington grandit dans une famille de planteurs relativement aisée, mais sans fortune colossale. Son père, Augustine Washington, meurt alors que George n’a que 11 ans. Ce décès prive le jeune garçon d’une éducation formelle prestigieuse en Angleterre, comme c’était courant chez les familles fortunées de Virginie. Adolescent, il développe un goût marqué pour la géométrie, la cartographie et le plein air. À seulement 16 ans, il devient assistant arpenteur pour le comté de Culpeper. Ce métier, très respecté à l’époque, lui permet de parcourir les territoires encore sauvages de l’Ouest virginien, renforçant son endurance et son sens de l’observation. À 20 ans, il entre dans la milice coloniale britannique et se distingue rapidement. En 1754, il participe à la guerre de la Conquête (ou guerre franco-indienne), une série de conflits entre Français, Anglais et tribus amérindiennes. Lors de l’attaque du fort Duquesne (actuel Pittsburgh), il échappe de peu à la mort, ce qui forge sa réputation de soldat courageux... et chanceux. Mais surtout, sa jeunesse est marquée par une ambition silencieuse. Privé de titre nobiliaire, Washington est profondément sensible à son statut social. Il cherche à s’élever par le mérite, la discipline, l’honneur, et une gestion rigoureuse de son image publique. Ce mélange de modestie provinciale et d’ambition aristocratique forgera son style de leadership unique.


  Lorsque les tensions entre les colonies d’Amérique du Nord et la Grande-Bretagne dégénèrent en conflit armé en 1775, George Washington est choisi à l’unanimité par le Congrès continental comme commandant en chef de l’armée continentale. Ce choix n’est pas dû à ses seules compétences militaires, mais aussi à sa réputation d’homme intègre, à sa stature imposante et à sa loyauté indéfectible envers la cause des colons. La guerre d’indépendance (1775-1783) est longue, difficile, marquée par des défaites, des hivers terribles (comme à Valley Forge), mais aussi par des victoires clés comme celle de Yorktown en 1781, remportée grâce au soutien décisif de la flotte française. Washington y démontre une endurance morale et une capacité stratégique exceptionnelles, qui font de lui le symbole vivant de la résistance. À la fin du conflit, Washington surprend le monde en rendant volontairement son commandement militaire au Congrès, refusant d’utiliser sa popularité pour prendre le pouvoir. Ce geste historique renforce l’idée d’une république fondée sur le droit plutôt que sur la force. Le roi George III lui-même aurait dit : "S’il fait cela, il sera le plus grand homme du monde"


  En 1789, après l’adoption de la Constitution américaine, il est élu à l’unanimité premier président des États-Unis. Son accession au pouvoir se fait dans un contexte d’immense confiance : aucun autre homme ne semble incarner à ce point la stabilité, la neutralité, et la sagesse. Il installe le gouvernement fédéral à New York, puis à Philadelphie, et pose les bases d’une présidence moderne, entre autorité morale et respect des équilibres démocratiques.


  En 1790, Washington prononce le tout premier discours sur l’état de l’Union devant le Congrès. Il y va à cheval, vêtu comme un général de l’époque révolutionnaire. C’est l’un des seuls présidents à avoir prononcé ce discours en personne (la tradition écrite dominera ensuite jusqu’à Woodrow Wilson). Washington était très conscient de l’image qu’il devait donner. Il portait souvent des habits élégants mais sobres : manteaux en velours noir, bas blancs, boucle d’or à la chaussure. Il pensait que le président devait inspirer respect sans paraître royal, une ligne de crête entre autorité et humilité. 


  Après la guerre d’indépendance, certains officiers américains et hommes politiques auraient envisagé de le nommer roi des États-Unis. Washington a fermement refusé, déclarant que les États-Unis devaient rester une république. Ce rejet du pouvoir monarchique a renforcé son image de dirigeant désintéressé. Ce geste symbolique assoit définitivement son autorité morale et politique. Lorsqu’il entre en fonction, la question se pose : faut-il dire "Son Excellence", "Sa Haute Puissance" ? Washington tranche modestement en faveur de "Mr. President". Ce titre simple a traversé les siècles. Il crée les premières institutions fédérales : le Trésor, le Département d'Etat, la Cour suprême, un système fiscal national, etc... Washington insiste sur la nécessité de rester unis malgré les divergences régionales. Il est très inquiet de la montée des partis politiques, notamment des tensions entre fédéralistes (comme Hamilton) et républicains (comme Jefferson). Il tente de maintenir une neutralité politique, se méfiant des divisions partisanes. Washington ne comprenait pas qu’on puisse créer des « clubs » politiques opposés au sein d’une même république. Il considérait que les partis mèneraient à la division, voire à la désunion. Il n’a jamais appartenu à aucun parti politique, une singularité chez les présidents américains. Dans un monde en ébullition, notamment avec la Révolution française, Washington adopte une politique de neutralité stricte. Il refuse d’engager son jeune pays dans des guerres européennes, malgré la pression populaire pour soutenir la France révolutionnaire. Il signe un traité de paix avec l’Angleterre (Jay’s Treaty) en 1795, impopulaire mais stabilisateur. 


  En 1796, il refuse un troisième mandat, posant un précédent fort pour la limitation volontaire du pouvoir (devenue règle constitutionnelle après 1951). Son discours d’adieu est un texte fondateur de la pensée politique américaine, prônant la neutralité, la modération et la préservation de l’unité nationale


  Après son second mandat, George Washington se retire en 1797 dans sa plantation de Mount Vernon, en Virginie. Il y retrouve la vie simple de gentleman-farmer qu’il affectionnait, bien qu’il reste en contact avec les affaires publiques, notamment avec son successeur John Adams. Il refuse cependant de revenir en politique, fidèle à sa promesse. Mais la retraite est de courte durée, en décembre 1799, après être tombé malade à la suite d’une promenade sous la pluie, Washington meurt à l’âge de 67 ans. Sa mort provoque un immense deuil national. Le Congrès décrète des jours de deuil dans tout le pays, et même Napoléon Bonaparte, en France, ordonne trois jours de deuil en son honneur.


  Washington laisse un héritage colossal. Il est considéré à juste titre comme le "Père de la Nation américaine", non pas seulement pour avoir remporté la guerre d’indépendance, mais pour avoir refusé d’en tirer un pouvoir personnel. Par son comportement, il incarne l’idéal républicain de modération, de service désintéressé et de respect des institutions. Son discours d’adieu reste un texte fondamental dans la tradition politique américaine, où il met en garde contre les dangers du fractionnement politique, des alliances permanentes, et de la perte de la vertu civique. Aujourd’hui encore, son image figure sur le billet de un dollar et le monument George Washington à Washington D.C. est l’un des symboles majeurs de la capitale. Il n’a pas seulement été un chef : il a été une boussole morale pour une nation naissante.



19 avril 2025

Anthropologie : Les Amish d'Amérique du Nord









  Le mouvement Amish nait dans l’Europe du XVIIe siècle, en plein cœur d’une période troublée par les mouvements religieux non conformistes et les guerres de religions. Il germe d’une des multiples scission au sein des Mennonites, eux mêmes issus des Anabaptistes (une branche du protestantisme radical) qui prônaient le baptême des adultes, la non-violence et une séparation stricte entre Église et État. C’est autour de Jakob Amman, un prédicateur suisse né vers 1644, que le courant amish se forme. Amman prônait une application beaucoup plus stricte des Saintes Écritures et une discipline communautaire rigoureuse, notamment via la pratique du "Meidung" qui consiste au bannissement social temporaire des membres jugés trop laxistes. Ce point fut l’un des principaux motifs de rupture avec les Mennonites, jugés trop souples sur certains principes. Comme beaucoup de groupes religieux dissidents, les Amish furent persécutés dans tout les territoires où ils vivaient (Suisse, Alsace, sud de l'Allemagne, etc). Car ils refusaient de prêter serment, de porter les armes ou de se plier aux autorités ecclésiastiques dominantes, ils étaient très mal tolérés. Au XVIIIe siècle, de nombreuses familles Amish décident d’émigrer en Amérique, attirées par la tolérance religieuse promise en Pennsylvanie par William Penn, fondateur de la première colonie Amish et membre des Quakers. La première vague d’immigration amish date des années 1720. 


  Les Amish se sont principalement installés dans des régions rurales, propices à leur mode de vie agricole et communautaire. On pense que 95% des Amish dans le monde vivent dans trois états américains, l'Indiana, l'Ohio, et surtout la Pennsylvanie. Ces communautés, restent relativement fermées à l’extérieur, elles ont prospéré lentement mais sûrement, en gardant une cohésion sociale forte, une foi profondément ancrée, et en refusant les évolutions technologiques du monde moderne. Les Amish vivent en marge du monde moderne, selon des règles précises dictées par leur foi, leur communauté, et un idéal de simplicité. Leur quotidien repose sur une logique très simple, c'est à dire, vivre humblement, en harmonie avec Dieu, la nature, et la communauté.


  Chaque communauté amish peut avoir ses propres règles, certaines étant plus strictes que d’autres. On parle alors d’Old Order ou de New Order Amish. Chaque communauté suit un code de conduite oral, qu'ils appellent "Ordnung" il est propre à chaque communauté. Il régit tous les aspects de la vie, habillement, travail, outils autorisés, rapports sociaux, etc. A la base, les Amish sont des chrétiens Anabaptistes, ce qui signifie qu’ils rejettent le baptême des nourrissons et prônent une foi adulte, consciente et choisie. Leur religion repose sur la lecture de la Bible, le pacifisme (refus de faire la guerre, et même refus du service militaire), l’absence de hiérarchie religieuse formelle. Et surtout l'humilité, la modestie, et la soumission à la communauté. Ils rejettent aussi toutes ostentations, l’individualisme, et l’idée de s’élever au-dessus des autres "ce qu’ils appellent "Hochmut" (l’orgueil), le contraire de le "Demut" (l'humilité), une valeur principale. Les Amish refusent la plupart des technologies modernes car elles menacent l’intégrité de la communauté. La voiture, par exemple, rend possible l’individualisme et l’éloignement, la télévision ou Internet peuvent introduire des valeurs jugées néfastes. Cependant, ce n'est pas un refus total, certains outils sont parfois tolérés comme le tracteur, le téléphone à l'extérieur de la maison, etc.. Tout dépend du degré de rigueur de la communauté locale. Les Amish sont souvent perçus comme des opposants radicaux à toute forme de technologie. Mais la réalité est plus nuancée, faite de refus sélectifs, des choix communautaires mûrement réfléchis, et parfois des compromis. Toute technologie qui menace l’unité, la simplicité ou la foi de la communauté doit être rejetée. Ils refusent par exemple : l'électricité du réseau public, les voitures, le téléphone à la maison, la télévision, internet, les appareils électroménagers modernes. Le problème n’est pas tant la technologie en elle-même, mais c'est l’effet qu’elle produit sur la cohésion sociale et spirituelle. Ils observent avec attention les avancées modernes, et dans certains cas, les adoptent s’ils servent l’intérêt du groupe. Certains Amish ont développé des sites web commerciaux gérés par des personnes extérieur à leur communauté. Le e-commerce est parfois utilisé, indirectement, pour vendre les produits artisanaux. Etc... La technologie n’est pas un mal en soi, c’est son impact social et spirituel qui compte. Le rapport à la technologie repose sur un équilibre permanent entre tradition et adaptation. Ce sont des décisions collectives, prises en concertation, avec un souci constant qui est de rester fidèle à leur foi sans céder à la tentation du progrès inutile.


  Contrairement à bien des groupes religieux ou ruraux en déclin, les Amish voient leur population augmenter régulièrement. Grâce à un taux de natalité élevé, et un faible taux de départ volontaire, la communauté double environ tous les 20 ans. Elle s'étend désormais à plus de 30 États américains et commence même à s’implanter à l’international comme au Canada, au Brésil, etc... Ils ne se contentent pas de survivre dans un monde moderne, au contraire, ils prospèrent, à leur manière. Leur refus du superflu ne les rend pas fragiles, bien au contraire, il les protège des crises économiques, des complexités modernes ou de l’isolement social. La force des Amish repose sur des choix radicaux mais cohérents, c'est à dire, une vie sans dette, une consommation limitée, une entraide communautaire et systématique, une transmission forte des valeurs par l’éducation. Beaucoup de gens voient dans le mode de vie amish une source d’inspiration, écologique par leur sobriété et leur peu de consommation, leur solidarité locale qui contraste avec l'individualisme contemporain... Et surtout leur autonomie vis-à-vis du système global et de la mondialisation qui fascine de plus en plus. Bien sûr, ce modèle n’est ni parfait ni universel. Il repose sur une discipline communautaire très stricte, une forte hiérarchie patriarcale et des renoncements que peu de gens accepteraient. Mais leur capacité à maintenir une société stable, viable et harmonieuse depuis plus de trois siècles interpelle. La communauté Amish est en retard sur le monde ou en avance sur ses limites ?


  Les Amish vivent souvent de l’agriculture, mais aussi de l’artisanat, de la construction, ou encore de petites entreprises familiales de type ébénisterie, boulangerie, menuiserie. Les produits alimentaires amish comme leurs fromages, beurres et confitures jouissent d’une réputation d’authenticité. Ces produits là sont souvent faits sans électricité, à la main, et se vendent à prix d’or sur les marchés bio ou auprès des épiceries fines. Le travail manuel est valorisé, et l’économie repose sur l’autonomie. L’entraide est essentielle, en cas de maladie, d’accident, et pour construire une maison ou une grange, toute la communauté se mobilise. Les familles sont nombreuses, entre six et dix enfants par famille, qui vont dans des écoles Amish jusqu'à 14 ans. L’éducation Amish met l’accent sur la lecture, l’écriture, le calcul et l’intégration dans la communauté.


  Les vêtements amish sont uniformes, modestes, pour les femmes, des robes longues, tabliers, coiffes blanches. Pantalons à bretelles, chemises unies et chapeaux de paille pour les hommes. Pas de boutons mais des crochets, ils ne portent pas de bijoux ni de motifs, rien d'ostentatoire,


  Afin de devenir pleinement Amish, et d'être baptisé, les adolescents passent par le "Rumspringa". Le mot "Rumspringa" vient du dialecte Pennsylvania Dutch et signifie littéralement "courir autour" ou "errer". Il désigne une période charnière dans la vie des jeunes Amish, souvent méconnue ou mal comprise à l'extérieur. C'est un sas entre adolescence et engagement religieux. Il commence généralement autour de 16 ans. C’est une "période de liberté" relative pendant laquelle les jeunes Amish peuvent, s’ils le souhaitent, explorer certains aspects du monde extérieur. 

  Voici une liste de tout ce que les jeunes Amish peuvent faire pendant le Rumspringa. 

- Sortir en boite,

- Danser,

- Ecouter de la musique moderne,

- Fréquenter des non-amish,

- Porter des vêtements non-amish,

- Conduire une voiture,

- Avoir un téléphone portable,

- Goûter à l’alcool et à la cigarette.

  Cependant, cette période n’est pas encadrée partout de la même façon dans toutes les communautés, certaines tolèrent beaucoup, et d'autres sont très strictes. Dans les groupes les plus conservateurs, le Rumspringa donne des possibilités très limité. Malgré cette fenêtre de liberté, environ 90 % des jeunes choisissent de rester dans la communauté (par attachement à la famille et à la communauté, par la crainte de l'isolation sociale, à cause des valeurs ancrées depuis l’enfance, etc...). 

  À l’issue du Rumspringa, les jeunes doivent décider de se faire baptiser dans la foi Amish. Ce choix est fondamental, car une fois baptisé, quitter la communauté est perçu comme une vraie rupture, avec exclusion à la clé. Pour les Amish, la foi n’a de valeur que si elle est choisie en toute conscience. Ce n’est pas une "fête sauvage" mais un test spirituel et identitaire. Il permet aux jeunes de mesurer par eux-mêmes la différence entre deux modes de vie, afin de faire un choix librement consentit.


  Anecdotes : En 2020 dans l’Ohio, la police a tenté d’arrêter deux jeunes Amish en état d’ébriété à bord d’une calèche lancée à vive allure ! En s’approchant, les agents ont découvert une sono géante et de l’alcool à bord. Les deux jeunes ont fui dans la forêt, abandonnant cheval et véhicule. Un épisode aussi absurde que révélateur de la tentation de la modernité chez certains jeunes Amish.



  Pour les anciens, c'est encore très différent de la société occidentale moderne. Dans la société moderne où la vieillesse rime souvent avec solitude, dépendance ou institutions spécialisées, les Amish offrent un modèle profondément différent, fondé sur l’intégration des anciens au cœur de la vie communautaire. Il n'y a pas de maisons de retraite, c'est la famille avant tout. Chez les Amish, les personnes âgées restent dans leur cercle familial. Lorsqu’elles ne peuvent plus vivre seules, elles s’installent généralement chez leurs enfants, ou dans une petite maison construite à proximité immédiate, souvent appelée un "Dawdihaus" (traduire : maison du grand-père). Ce système permet aux anciens de garder leur autonomie tout en étant entourés. Ils participent encore, tant qu’ils le peuvent, à la vie quotidienne à travers le jardinage, la couture, la garde des petits-enfants, etc.... Contrairement à certaines sociétés où l’âge affaiblit la position sociale, les aînés Amish gagnent en prestige avec les années. La vieillesse est perçue comme une étape de sagesse et de transmission, et non comme une fin de parcours. En cas de soucis de santé, sans assurance retraite, ni sécurité sociale au sens moderne, les Amish s’appuient sur la famille élargie (soutien logistique et financier), la communauté (en cas de besoin, les voisins interviennent, organisent des collectes ou des journées de travail collectif) et ils ont accès à des fonds d'entraide locaux (alimentés par des dons ou des ventes artisanales). Cette solidarité concrète garantit que personne n’est laissé pour compte, même en cas de maladie ou de dépendance. La mort est acceptée comme une étape naturelle du cheminement chrétien. Les soins palliatifs sont assurés à domicile, et les funérailles sont simples, sans aucune ostentation. L’accent est mis sur la paix intérieure, la foi, et le soutien des proches.


  Les Amish exercent une fascination continue sur le grand public, en particulier en Occident, où leur mode de vie semble appartenir à un autre temps. Ils sont à la fois mystifiés, idéalisés ou moqués, et souvent mal compris. Dans certains récits, les Amish sont vus comme des gardiens de valeurs perdues. Des valeurs tels, la simplicité, l'entraide, la sobriété, la paix, etc.. Autant de concepts qui séduisent dans un monde moderne perçu comme chaotique. Pour beaucoup, ils forment une sorte de "rébellion silencieuse" contre la modernité, sans violence ni discours agressif. Mais à l'inverse, d’autres représentations tombent dans la moquerie ou l’exagération... Un accent mis sur leur refus du progrès comme signe d’archaïsme, la confusion entre Amish et sectes, une vision naïve ou comique de leur mode de vie. Certains exploitent cette différence comme une curiosité exotique, réduisant leur culture à une "attraction" parfois touristique. Dans les régions comme la Pennsylvanie, l’Ohio ou l’Indiana, les "pays amish" sont devenus des destination touristique à part entière, avec balades en calèche, visites de fermes et de marchés, hôtels décorés "à l’ancienne", musées, spectacles, etc.. Ce tourisme, bien que surveillé par les Amish eux-mêmes (qui ne souhaitent pas être photographiés ou observés comme dans un zoo humain), participe à entretenir leur image mythifiée, et à générer des revenus non négligeables pour certains d'entre eux. 


  Dans un monde saturé de notifications, de promesses d’instantanéité et d’ultra connectivité, les Amish nous tendent un miroir à contre-courant. Ils ne fuient pas le progrès par ignorance, mais par choix. Leur refus de certaines technologies n’est pas un rejet de la modernité en soi, mais une tentative radicale de préserver l’humain, la communauté, le sens. Ils vivent sans luxe, mais pas sans richesse. Sans réseaux, mais jamais seuls. Leur société, fondée sur des piliers que notre époque fragilise, la famille, la foi, l’entraide, la sobriété, elle défie les prédictions. Ils ne disparaissent pas, au contraire, ils grandissent. En 2025, on estime qu’il y a environ 400 000 Amish dans le monde, en 2050 ils seront à peux près à un million de personnes.

  Et si, à leur façon, ils étaient les gardiens silencieux d’une écologie de l’âme que nous avons perdue ? 



14 avril 2025

Gastronomie : La Gauffre, une fois !







  Avant d'être la sucrerie que nous connaissons tous, son origine remonte au Moyen-âge, la pate à gaufres était cuite entre deux plaques de métal, ornées de motifs religieux ou floraux. Les plus anciens écrits datent du XIIIe siècle et elles apparaissent sous le nom de walfre (du néerlandais wafel) 

  On n’offre pas une gaufre comme on offrirait un stylo ou une cigarette, on partage, on tend une assiette, on invite à goûter. Elles créent un lien social. Ce sont souvent des aliments qu’on ne mange pas seul, mais en famille, entre amis, ou dans un moment festif.

  Au fil du temps, la gaufre dépasse les frontières. En Belgique elle s'impose comme une véritable tradition gourmande, puis elle s'étend à la France, puis aux USA (waffle) et un peu partout dans le monde. Comme quoi, une bonne gaufre n’a pas de frontières !

  Il n’existe pas une seule gaufre, mais des dizaines de variantes et tout autant de recettes. Mais en Belgique, pays où elle est une véritable institution, il y a deux grandes écoles, deux recettes s'affrontent. Il y a la gaufre de Bruxelles (grande, légère et croustillante, servie nappée de chocolat, chantilly, etc...), et la gaufre de Liège (moelleuse et compacte, caramélisée grâce à du sucre perlé. et se mange telle quelle, chaude, sans garniture). Il y a aussi la gaufre américaine, souvent servie au petit-déjeuner avec du sirop d’érable, des œufs et/ou du bacon. Ma préférée, est la Stoopwafel des Pays-Bas, un genre de biscuit. Deux toutes fines gaufres, rondes, collées ensemble par une couche de miel ou de sirop au caramel. Un vrai petit délice néerlandais, elle se déguste après avoir été posée sur une tasse de thé pour que le sirop fonde doucement. Comme dit plus tôt, il existe énormément de variantes, aux quatre coins du monde. 

  Du coup, qu’est-ce qui fait qu’une gaufre est vraiment bonne ? Il faut qu'elle soit légèrement croustillante, donc tout est question de dosage et de cuisson. Une bonne pâte doit être légère, légèrement sucrée, et bien aérée. La levure ou les blancs montés jouent un rôle crucial dans le gonflant. Il faut toujours éviter d’empiler les gaufres chaudes, ou de les couvrir juste après cuisson, la vapeur ramollis la pate. 

  Le sucre stimule la dopamine, mais il réveille aussi l’affectif. C’est pour ça que certaines douceurs nous font autant de bien à l’âme qu’au palais. Dans les brunchs urbains ou les food trucks, la gaufre s’est réinventée en star tendance, parfois jusqu’à devenir un sandwich ou un support à burger. Des dessins animés aux séries télé, les gaufres ont conquis les écrans et elles brillent sur les réseaux sociaux. 

  Qu’elle soit dégustée dans une fête foraine, partagée lors d’un goûter, ou revisitée façon street food branchée, la gaufre garde cette magie simple et réconfortante qui plaît à tous les âges. Alors, la prochaine fois que tu croques dans une bonne gaufre, prends un instant pour savourer l’alchimie entre gout, générosité et tradition.