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22 avril 2025

Musique : Roger Glover, discret mais essentiel !







  J'écris cet article comme un écho à l'article sur Deep Purple, car Roger Glover était un pilier de Deep Purple. ( voir mon article "Deep Purple, riffs puissants et virtuosité" )

  Né à Brecon au Pays de Galles en 1945, Roger Glover rejoint Deep Purple en 1969, à l’occasion de la formation de ce que les fans appellent la "Mark II", la version mythique du groupe (avec Ian Gillan au chant, Ritchie Blackmore à la guitare, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie). Sa basse, précise et mélodique, devient rapidement le lien entre la puissance de Blackmore et les envolées de Lord. Sur des titres cultes comme "Smoke on the Water", "Child in Time", "Fireball" ou encore "Space Truckin’", Glover ne se contente pas d’accompagner : il construit la colonne vertébrale des morceaux, assurant l'équilibre et la cohésion. Peu le savent, mais Glover est également le principal parolier de Deep Purple durant les années 70. Ses textes, souvent métaphoriques et ancrés dans le réel, donnent une profondeur inattendue aux morceaux du groupe. Sa discrétion contraste avec les egos flamboyants de ses camarades, mais sa fidélité, son talent et sa classe font de lui un pilier discret mais fondamental de l’histoire du rock.

  Connu pour son rôle fondamental dans Deep Purple, Roger Glover a mené, en parallèle, une carrière solo étonnamment variée, à la croisée du rock progressif, de l’expérimentation, et même de la narration musicale. Loin de l’image du simple bassiste, il s’affirme en solo comme un artiste complet, créatif et souvent inattendu. 6 albums solo, 5 compil' et des ventes totales estimées à environ 500 000 exemplaires dans le monde. Il faut souligner que même en solo, Glover n’est jamais seul. Son réseau de musiciens fidèles, souvent issus des sphères de Deep Purple, Rainbow ou plus largement du hard rock britannique, l’accompagne souvent, donnant à ses projets une cohérence sonore, tout en lui laissant la liberté artistique qui lui tient tant à cœur.



21 avril 2025

Hommage au Pape François 1er



Aujourd'hui, lundi 21 avril 2025, à 7h35 heure de Rome, au lendemain de la fête de Pâques, le pape François 1er est décédé à l'âge de 88 ans. Né Jorge Mario Bergoglio le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, il était le premier pape jésuite et issu du continent américain. Élu en 2013, il a dirigé l'Église catholique pendant douze ans, son pontificat fut marqué par un engagement puissant en faveur des plus vulnérables.

Aujourd'hui 1 450 000 000 de chrétiens catholiques sont en deuil. 

Chez les chrétiens, le dimanche de Pâques marque la fin de la souffrance du Christ, de sa mort et de sa résurrection. Voyons là un message d'espérance pour le monde entier, un message d'humilité et d'humanité. Lui qui pour beaucoup, était "une voix transcendante pour la paix, la dignité humaine et la justice sociale".  

Une prière publique est prévue ce soir à 19h30 sur la place Saint-Pierre à Rome, au Vatican. Son corps sera exposé à partir de mercredi. 

Le conclave pour élire son successeur devrait débuter entre le 6 et le 11 mai 2025.



Animaux : Le Condor "Roi des Andes"







  Parmi tous les oiseaux qui peuplent le ciel, peu imposent autant de respect que le Condor des Andes. Symbole de puissance et de liberté, cet impressionnant rapace plane majestueusement au-dessus des sommets andins depuis des millénaires. Surnommé à juste titre "Roi des Andes", il fascine autant les scientifiques que les peuples qui l’ont vu évoluer dans le ciel depuis l’aube des civilisations mésoaméricaines. A vrai dire, il fascine toute celles et ceux qui l'observent. Le condor des Andes est l’un des plus grands oiseaux capables de voler (juste derrière l'albatros hurleur). Il peut atteindre une envergure de 3,30 mètres pour un poids allant jusqu’à 15 kg chez les mâles. Doté d’un plumage noir aux reflets métalliques et d’un large collier de plumes blanches autour du cou, il se distingue aussi par sa tête nue, ridée, de couleur rougeâtre, qui lui permet de garder une bonne hygiène lorsqu’il se nourrit. Le condor peuple une très large zone géographique s’étendant du Venezuela à la Terre de Feu, avec une entière prédilection pour les régions montagneuses et escarpées, souvent situées à plus de 3 000 mètres d’altitude. On le retrouve précisément près de côtes abruptes où les courants ascendants facilitent son vol plané. Il niche sur des corniches rocheuses inaccessibles, souvent à flanc de falaise, où il peut se reproduire à l’abri des prédateurs. Contrairement à l’aigle, le condor ne chasse pas. Il se nourrit uniquement de charognes. Grâce à son odorat développé, il peut repérer des carcasses à plusieurs kilomètres à la ronde. Son rôle est essentiel dans l’écosystème andin car il nettoie les montagnes de la dépouille des animaux morts, limitant ainsi la propagation des maladies chez les animaux. 


  Quand on parle du condor, on pense souvent à sa silhouette royale glissant au-dessus des Andes. Mais ce que l’on sait moins, c’est que cet oiseau est un véritable maître de l’apesanteur, il peut planer pendant plusieurs heures (jusqu'à cinq heures, parcourant plus de 170 kilomètres) sans battre une seule fois des ailes. Ce prodige de la nature intrigue depuis longtemps scientifiques et passionnés d’ornithologie. Contrairement aux oiseaux comme les moineaux ou les pigeons qui battent des ailes pour se maintenir en vol, le condor mise tout sur la portance et l’efficacité énergétique. C’est l’un des oiseaux les plus économes en énergie, une aubaine pour un gabarit aussi massif. 

  Le secret commence dans le corps du condor. Avec une envergure pouvant atteindre 3,30 mètres et des ailes très larges et très rigides, le condor des Andes est parfaitement adapté au vol plané. Son squelette, bien qu’imposant, est relativement léger grâce à des os creux comme ceux de tous les oiseaux. Il ne vole pas n’importe quand, ni n’importe où. Il attend que le soleil réchauffe les flancs des montagnes, créant ce que l’on appelle des courants thermiques ascendants, de l’air chaud qui monte en spirale dans l’atmosphère. Il se laisse ensuite porter par ces colonnes d’air chaud, les utilisant comme des ascenseurs pour gagner de l’altitude sans effort. Une fois à bonne hauteur, il peut glisser sur les courants d’air pendant des kilomètres, sans un battement d’ailes comme s’il avait compris les lois de l’air mieux que quiconque. Ce qui place le condor au sommet du monde animal en matière d’efficacité en vol. Ce vol plané est aussi une stratégie de survie, il lui permet de surveiller de vastes zones de montagne à la recherche de carcasses sans se fatiguer.


  Chez les Incas, le condor représentait l’Hanan Pacha, le monde d’en haut, le royaume des dieux et des esprits. Il formait, avec le puma (monde terrestre) et le serpent (monde souterrain), la trilogie sacrée de l’univers religieux andin. Le condor était considéré comme immortel, car on ne le voyait jamais mourir. Il planait toujours plus haut, au plus près des cieux. C’est pourquoi il fut assimilé à un pont entre les vivants et les ancêtres, entre les hommes et les divinités. Dans la culture inca, il représente le ciel et les dieux. Dans certaines communautés andines, on croyait que l’âme des défunts était portée par un condor jusqu’au monde des esprits. Le vol silencieux et majestueux de l’oiseau symbolisait l’élévation spirituelle. Des peintures rupestres, notamment au Pérou et en Bolivie, montrent des figures humaines ailées ou hybrides entre homme et condor, preuve de l’importance mythologique de l’animal dès les temps précolombiens.

  Chez certains peuples, notamment les Quechuas, on le représentait parfois comme un guerrier céleste ou un protecteur des montagnes, capable de punir ceux qui violaient les lois de la nature.

  Si le condor était respecté, il était aussi craint. Charognard, il était associé à la mort. Mais cette facette n’était pas négative. Dans cette vision andine, la mort fait partie du cycle de la vie, et le condor était vu comme un purificateur, un gardien de l’équilibre naturel.

  Dans ces sociétés, le condor était bien plus qu’un simple oiseau. Il était un mythe vivant. C'est un témoin d’un temps où l’homme vivait en harmonie avec les esprits de la nature. Et chaque fois qu’il plane au-dessus des Andes, c’est comme s’il rappelait au monde qu’il existe encore des choses que même la science ne peut totalement expliquer.

  Aujourd’hui, les condors sont suivis par satellite, observés par des drones, filmés dans des documentaires, et cætera. Mais derrière les chiffres et les études scientifiques, le mystère demeure. Peut-être parce que même dans un monde rationnel, le condor continue d’incarner ce lien invisible entre la terre et le sacré, entre la science et la foi, entre la réalité, et les rêves des peuples anciens.


  Malgré sa puissance et sa longévité (jusqu’à 70 ans en captivité), le condor est aujourd’hui une espèce gravement menacée. Longtemps roi des cieux andins, le condor des Andes a vu son habitat se réduire à peau de chagrin. Victime de la chasse, du poison et de la destruction de son habitat, cet oiseau mythique a frôlé la disparition. Mais une alliance inattendue s’est formée : scientifiques, communautés locales et défenseurs de la nature travaillent aujourd’hui main dans la main pour offrir un avenir à cet emblème du ciel. Bien que moins médiatisé que le panda ou le tigre, le condor est considéré comme vulnérable par l'UICN (l’Union internationale pour la Conservation de la Nature). 

  Les principales menaces sont :

- Le braconnage, parfois motivée par des croyances erronées.

- Les lignes à haute tension, qui provoquent des électrocutions fréquentes.

- L’empoisonnement, souvent accidentel, lorsqu’il consomme des carcasses contaminées.

- La destruction des habitats naturels (déforestation, expansion agricole).


  Pour inverser la tendance, des projets ambitieux ont vu le jour dans plusieurs pays andins (Pérou, Équateur, Colombie, Chili, Argentine). Les condors sont équipés de mini balises GPS permettant de suivre leurs déplacements et leurs habitudes. Ces données aident à identifier les zones à risque, les territoires de nourrissage et les couloirs migratoires. Des centres spécialisés comme ceux de Buenos Aires et de Lima reproduisent les condors en captivité, puis les relâchent dans la nature. Cette technique, bien que délicate, a permis de renforcer certaines populations locales. Les scientifiques étudient la santé, la longévité et la génétique des condors pour éviter la consanguinité et préserver la diversité génétique lors des reproductions en captivité. Dans certaines zones, des "stations d’alimentation" sont mises en place avec des carcasses non contaminées, évitant que les condors n’ingèrent du poison ou des médicaments vétérinaires nocifs.

  Mais la science seule ne suffit pas, les communautés locales sont autants de maillons essentiel dans la chaîne de sauvetage. Des programmes éducatifs sont mis en places pour sensibiliser les jeunes au rôle écologique du condor. Il y a des partenariats avec les éleveurs pour limiter les empoisonnements involontaires. Et l'éco-tourisme, où observer les condors devient une ressource économique valorisante pour la région.

  La sauvegarde du condor est devenue une affaire internationale : des ONG, des universités, des parcs nationaux et des gouvernements collaborent. En 2021, une conférence andine pour la conservation du condor a réuni des experts de six pays pour coordonner les actions à grande échelle. Son vol majestueux, autrefois menacé, continue de survoler les montagnes grâce aux efforts conjoints d’hommes et de femmes qui refusent de le voir disparaître. Sauver le condor, c’est aussi préserver un lien précieux entre la nature, la culture et l’humanité.


  On peut observer des condors en liberté. Ils peuvent être observés par celles et ceux qui prennent le temps de les chercher avec patience et respect. Les voir planer à plusieurs milliers de mètres d’altitude, dans un silence presque sacré, est une expérience rare, qui laisse souvent sans voix. Encore faut-il savoir où aller, quand, et comment les apercevoir sans les déranger. Au Pérou, à proximité d’Arequipa, le Canyon de Colca est l’un des spots les plus célèbres. Des plateformes d’observation comme la "Cruz del Condor" permettent de les voir à quelques mètres seulement. En Equateur, dans le parc national du Cotopaxi, un parc volcanique abrite une petite population de condors que l’on peut observer au lever du soleil, surtout près des falaises du volcan Rumiñahui. Au Chili ont peut les observer dans la Vallée del Elqui et dans le Parc Torres del Paine où ils sont fréquemment visibles. Enfin, en Argentine dans le Parc national Quebrada del Condorito. Ce parc, situé dans la province de Córdoba, est une zone protégée où les condors nichent dans les falaises. Des sentiers de randonnée bien aménagés mènent à des points de vue où l’on peut les voir planer pendant de longues minutes.

  On les observe le plus souvent le matin entre 8h et 11h, quand l’air commence à chauffer. Et en fin d’après-midi, lors des derniers vols de la journée.

  Le condor est un animal sensible au dérangement humain, et son observation doit se faire dans un esprit de respect et de discrétion. Respectez les consignes des guides locaux et des parcs. Utilisez des jumelles pour mieux les voir sans vous approcher. Gardez vos distances, surtout près des zones de nidification. Evitez les cris, les drones et les mouvements brusques. 

  Si tu es aux USA, il est aussi possible d’observer le condor de Californie, un cousin proche du condor des Andes, Les principaux spots aux Etats-Unis sont, le Grand Canyon, la Big Sur Coastline et le Vermilion Cliffs National Monument.

  Voir un condor voler, c’est un moment suspendu dans le temps. Une communion avec l’un des derniers géants du ciel. Il y a, dans le vol du condor, quelque chose qui dépasse l’entendement. Une lenteur majestueuse, une gravité inversée, comme si la terre elle-même retenait son souffle. Quand il ouvre ses ailes, ce n’est pas un oiseau que l’on voit, c’est une mémoire. La mémoire d’un monde ancien, d’une époque où l’homme parlait aux montagnes et où les dieux prenaient la forme d’animaux. Le condor plane, et le silence s’installe. Il traverse les nuages, les siècles et les mythes. Il est un trait d’union entre les vivants et l’invisible, une légende en mouvement. Et peut-être qu’en levant les yeux vers lui, c’est un peu de nous que nous retrouvons : cette part sauvage, fière et indomptée, que ni les frontières ni le temps ne peuvent enfermer.


  Tant que le condor volera, le ciel se souviendra des dieux.





Voyage : Le parc national des Cinque Terre, en Italie








  Les "Cinque Terre" rien que ce nom fait rêver.


  "Le parc national des Cinque Terre n’est pas une frontière entre nature et civilisation. Il est la preuve que l’on peut coexister, construire sans détruire, embellir sans dominer."


  Il est des lieux qui ne se contentent pas d’être visités : ils se ressentent. Accrochés à flanc de falaise, là où les montagnes plongent sans hésiter dans la mer ligure, les Cinque Terre sur la Riviera du Levant, dessinent une parenthèse suspendue entre le ciel et l’eau. Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola, Riomaggiore. 


  Cinq noms comme cinq notes de musique sur une portée naturelle, vibrante de couleurs et de sel. Ici, le temps semble s’être accordé une pause. Les murs patinés par les siècles racontent des histoires de pêcheurs, de vignes et de silence. Les terrasses suspendues, construites à la main pierre après pierre, témoignent d’un entêtement humble, celui de vivre en équilibre avec la beauté sauvage d’un paysage indompté. Les ruelles étroites serpentent comme des veines vivantes où circulent parfums d’agrumes, éclats de voix italiennes et des promesses d’aventures. Le paysage ne s’est pas formé tout seul, il est le fruit d’un dialogue constant entre humanité et paysage, entre besoin de survivre et désir de beauté. 


  Mais les Cinque Terre ne sont pas qu’un décor de carte postale figé. Ce sont des villages vivants, une culture à part entière, une mémoire collective bâtie sur la mer et le roc. Y venir, c’est accepter de ralentir, de marcher, de goûter, de regarder. C’est s’ouvrir à une expérience sensorielle et émotionnelle, entre randonnées escarpées, baignades cristallines et verres de liqueurs de citrons sous un ciel d’azur.

 

  Ce que l’on contemple aux Cinque Terre ne relève pas seulement de la grâce naturelle, c’est aussi une œuvre de patience, d’équilibre et de résilience humaine. En 1999, cette portion unique de la Riviera ligure devient Parco Nazionale delle Cinque Terre, le plus petit parc national d’Italie, et pourtant l’un des plus emblématiques. 


  Si vous arrivez en train depuis le nord, ou depuis le Sud-Est de la France métropolitaine, vous arriverez par Monterosso al Mare, le seule village avec une vraie plage de sable. Ensuite Vernazza, très élégant, avec sa tour de guet et sa place ouverte sur la mer, on dit qu’un trésor est caché quelque part dans la tour. Corniglia, le seule à ne pas avoir de port, Corniglia regarde la mer de haut. Elle se mérite : 382 marches la séparent de la gare, ce qui lui donne une atmosphère plus calme, presque intime. Puis, Manarola, mon préféré, certains disent que c’est le plus ancien village des Cinque Terre. C’est ce village qu’on photographie mille fois sans jamais l’épuiser. Ici, le vin coule en terrasse et les falaises offrent des plongeons vertigineux. Pour finir, Riomaggiore, un labyrinthe vertical où le linge danse au vent et où les barques colorent la crique. Parfait pour une soirée romantique, loin de la foule. Un vieux dicton dit que les villages ont été bâtis par les géants, tant ils semblent impossibles à poser là.


  Chaque année, au printemps, Monterosso organise la Fête du Citron (Festa del Limone), où le village se pare de jaune, et où l’on peut goûter au limoncino dans sa version classique, mais aussi en granité, en sorbet, ou même dans des pâtisseries. C’est un moment joyeux et parfumé, à l’image du lieu. Le limoncino est une liqueur produite dans les environs, et que l'on peut conserver au congélateur (bien meilleur que le limoncello). Parfait après une randonnée, en apéritif ou en digestif, parfois même versé sur une boule de glace à la vanille ! Côté table, on est beaucoup sur les produits de la mer. 

  

  Rien ne vaut la lenteur d’une marche pour saisir la beauté des Cinque Terre. Les sentiers relient les villages comme les perles d’un collier fragile. Il faut compter six à sept heures de marches si l'un des sentiers n'est pas fermé, renseignez vous au préalable avant d'entamer la randonnée. La Via dell’Amore entre Riomaggiore et Manarola est souvent fermée (à vérifier). Les Cinque Terre ne se visitent pas. Elles se vivent. Elles exigent qu’on ralentisse, qu’on respire, qu’on regarde. Là, au bord de la Méditerranée, on comprend qu’il n’y a pas besoin de grand-chose pour toucher à la beauté. Idéal pour se roder lentement en tant que backpacker, une sorte de défis du débutant. Commencez tôt le matin pour éviter la chaleur et la foule !

  Sinon vous pouvez vous déplacer en train (rapide et vraiment pas cher) ou en bateau (plus romantique) évitez la voiture car les routes sont étroites, et les parkings plutôt rares. 


  La meilleure période pour s'y rendre et profiter un maximum des lieux, en mai-juin ou septembre-octobre (moins de monde, climat très agréable).


  Je vous donne quelques "astuce" prenez tout votre temps, dormez à Manarola à l'étage du restaurant proche de la mer, idéalement une chambre avec terrasse (sinon, en basse saison, on peut obtenir une ristourne sans même demander, (150€uros la nuit peuvent passer à 100€uros). Laissez vous bercer par le bruit des vagues. Le lendemain matin, levez vous vers 6h30, il n'y a personne dans la rue, pas un chat. Profitez donc de ce moment pour prendre une magnifique photo depuis la corniche. Puis dirigez vous vers Riomaggiore, à une demi heure de marche. 


  N'oubliez pas qu'il y a aussi beaucoup de villes et villages aux alentours et qui méritent votre attention. Aussi, si vous venez de France par train, faites un arrêt à Gênes ne serait ce que pour voir la Via Garibaldi, déguster une focaccia, flâner dans les rues et faire un tour à l'Aquarium. Les villages aux alentours des Cinque Terre sont tout aussi beaux (Camogli, Sestri Levante, Rapallo, Portofino, Portovenere, etc...). Vous pouvez continuer votre périple par la Toscane, vous ne serez pas loin de Lucques et Pise. 



20 avril 2025

Gastronomie : Le Rhum, sucre, soleil et légende







  Le rhum est plus qu’un simple spiritueux. Il est le fruit d’une histoire tumultueuse entre continents, d’un savoir-faire transmis à travers les siècles, et d’un art de vivre que l’on retrouve aussi bien dans les îles que sur les plus grandes tables du monde. Il est né dans les plantations de canne à sucre des Caraïbes au XVIIe siècle, le rhum est étroitement lié à l’histoire coloniale et au commerce triangulaire. C’est à cette époque que la mélasse, sous-produit de la fabrication du sucre, commence à être distillée par les esclaves pour produire cette boisson forte. Les ports comme ceux de La Barbade, de la Jamaïque ou encore de la Martinique deviennent alors des points névralgiques du commerce du rhum, échangé contre esclaves et marchandises. Rapidement, le rhum devient la boisson favorite des marins, des colons et évidemment, des pirates.


  Le rhum est la star incontestée de nombreux cocktails. Mais il se savoure aussi pur, surtout lorsqu’il est vieux. En cuisine, il parfume aussi bien les babas(au rhum) que les gaufres ou les sauces flambées. Dans certaines régions, comme à la Réunion ou en Haïti, le rhum est aussi utilisé dans des préparations médicinales traditionnelles. En Haïti, certains rhums sont associés au vaudou, et utilisés dans des rituels.


  Le rhum est divisé en plusieurs familles. Le rhum agricole, produit à partir du pur jus de canne à sucre, principalement en Guadeloupe, Martinique et Réunion, il offre une palette aromatique végétale et fruitée. Le rhum industriel, issu de la mélasse. C'est le plus répandu dans le monde, il est souvent plus rond et sucré que les autres. Le rhum ambré ou paille, vieilli quelques mois en fût, il a une couleur dorée. Le rhum overproof, le plus fort, souvent à plus de 70°. Le rhum blanc idéal pour les cocktails. Enfin, le rhum vieux est considéré comme le meilleur, vieilli au minimum trois ans, le plus souvent en fût de chêne.


  Une bouteille de rhum de 1780, retrouvée dans une cave écossaise, s’est vendue à plus de 40 000 euros aux enchères.


  Le célèbre "grog" des marins britanniques était un mélange de rhum, d’eau chaude, de citron et de sucre, censé éviter le scorbut et garder les hommes dociles. En 1954, l’armée britannique a officiellement mis fin à la distribution quotidienne de rhum à ses marins, c’était la fin du célèbre "rum ration".


  Aux USA, pendant la prohibition dans les années 30, le rhum de contrebande arrivait souvent par la mer depuis les Antilles. Les contrebandiers étaient surnommés les "rum runners".


Voici quelques noms qui plaisent aux amateurs :

- Négrita (France)

- Clément XO (Martinique)

- Rhum Neisson (Martinique)

- Mount Gay (Barbade)

- Appleton Estate (Jamaïque)

- Captain Morgan (USA / Jamaïque)

- Hampden Estate (Jamaïque)

- Zacapa 23 (Guatemala)

- Diplomático (Venezuela)

- Don Papa (Philippines)

- Bacardi, référence en la matière, fondé en 1862 à Santiago de Cuba par Don Facundo Bacardí Massó, Bacardi révolutionne le rhum avec un procédé de filtration au charbon qui le rend plus léger et plus accessible au grand public. C’est ce style qui deviendra la base des grands cocktails cubains comme le mojito ou le daiquiri. Après la révolution castriste, la famille Bacardi s’exile, et la production est relocalisée aux Bahamas, à Porto Rico et au Mexique. Aujourd’hui, Bacardi est le plus grand producteur de rhum au monde, mais les puristes lui reprochent un goût trop standardisé.

- Havana Club, En réponse à Bacardi, Havana Club, marque nationale cubaine fondée en 1934, incarne l’identité du rhum "d’État". Depuis 1993, elle est gérée par Cuba Ron et Pernod Ricard. Son Añejo 7 años est un classique. Cependant, la marque est introuvable aux États-Unis à cause de l’embargo, un paradoxe savoureux, Bacardi y commercialise un "Havana Club" fabriqué à Porto Rico après avoir racheté les droits américains. Résultat : deux "Havana Club" coexistent, et l’affaire est toujours en litige.


  Du tumulte des plantations coloniales aux bars branchés des grandes villes, le rhum a traversé les siècles transportant avec lui des histoires de lutte, de fête, d’identité et d’innovation. Il incarne à la fois l’héritage d’un passé complexe et la richesse d’un savoir-faire vivant, sans cesse renouvelé. Autant de recettes que de saveurs. Que l’on soit amateur de cocktails sirotés au bord d’une plage, explorateur de rhums vieux aux arômes boisés, ou simplement curieux de l’histoire cachée derrière chaque gorgée, le rhum nous rappelle que chaque bouteille est un voyage, chaque goût une mémoire.



Musique : The Small Faces, énergie brute, folie douce et élégance britannique

 








  Dans le swinging London des années 60, quatre jeunes musiciens à l’allure soignée et au son tranchant décident de monter un groupe. Il se forme en 1965 autour de Steve Marriott, Ronnie Lane, Kenney Jonesnet et Jimmy Winston (remplacé plus tard par Ian McLagan aux claviers). Leur nom, "The Small Faces" fait référence à leur petite taille et au mot "face", désignant un mod influent. 


  Très vite, The Small Faces deviennent les chouchous de la scène mod, ce courant british stylé, énergique et amoureux de soul et de rock. Et très vite, ils cartonnent avec des tubes comme Sha-La-La-La-Lee ou Watcha Gonna Do About It, au croisement du Rythm & Blues nerveux et de la pop mélodique. Mais c’est avec l’évolution vers la pop psychédélique que les Small Faces frappent un grand coup. 


  Petite parenthèse, en 1967, les Small Faces doivent jouer à l’Olympia. Mais Steve Marriott refuse de monter sur scène à cause d’un différend avec l’organisateur, qu’il juge irrespectueux. Conséquence, le public est furieux, il y a des bagarres dans les coulisses et des instruments détruits. 


  En 1968, ils sortent Ogden’s Nut Gone Flake, un album concept fou, construit comme un conte psychédélique narré par le délirant Stanley Unwin. C’est l’un des disques les plus audacieux de l’époque, tant par sa forme que par son fond. Lazy Sunday, Afterglow, Song of a Baker... tout y est brillant, audacieux, et dément. “Lazy Sunday” était censée rester une blague, une sorte de délire musical avec accent cockney très marqué. Mais leur label l’a sortie en single sans leur autorisation, la jugeant trop accrocheuse pour être ignorée. Résultat : un énorme succès, mais tension maximale avec le groupe. Leur plus gros hit, Itchycoo Park, une balade planante aux effets studio novateurs (notamment l'utilisation du phasing), reste un classique du Summer of Love made in UK. Le célèbre effet de phasing (le son “tourbillonnant”) qu’on entend dans Itchycoo Park était une première dans l’histoire de la musique pop. Les ingénieurs ont obtenu ce son en synchronisant deux bandes magnétiques, puis en ralentissant manuellement l’une d’elles avec un doigt. Un effet totalement artisanal, mais génial. À l’époque, le morceau a été banni par la BBC sous prétexte qu’il évoquait la drogue. En réalité, c’était vrai.  


  Malheureusement, les étoiles brillent trop fort. Steve Marriott quitte le groupe en 1969 pour fonder Humble Pie. Les autres rejoignent Rod Stewart et Ron Wood pour former The Faces, un autre chapitre culte. Trop souvent relégués au second plan derrière les Beatles, les Stones, les Kinks ou les Who, les Small Faces ont pourtant influencé des générations de musiciens de Blur à Oasis. Leur son, leur énergie et leur sens de l’expérimentation en font des pionniers du rock psyché et une référence absolue du mouvement mod. Bien plus tard, on les considèrent parmi les prophètes de la Britpop. 


  Anecdote : avant de fonder Led Zeppelin, Jimmy Page voulait que Steve Marriott soit le chanteur de son nouveau groupe. Marriott, déjà engagé dans Humble Pie, a décliné. Alors Page est allé chercher un certain Robert Plant. Le destin du rock aurait pu être bien différent !


  Ils ont produit 5 albums studio, 3 EP, 14 compilations... On ne sait pas combien d'albums ont été vendus, surement des millions car leur musique a traversé les décennies, peu importe les chiffres, les Small Faces ont vendu une attitude, un son et un style.



19 avril 2025

Anthropologie : Les Amish d'Amérique du Nord









  Le mouvement Amish nait dans l’Europe du XVIIe siècle, en plein cœur d’une période troublée par les mouvements religieux non conformistes et les guerres de religions. Il germe d’une des multiples scission au sein des Mennonites, eux mêmes issus des Anabaptistes (une branche du protestantisme radical) qui prônaient le baptême des adultes, la non-violence et une séparation stricte entre Église et État. C’est autour de Jakob Amman, un prédicateur suisse né vers 1644, que le courant amish se forme. Amman prônait une application beaucoup plus stricte des Saintes Écritures et une discipline communautaire rigoureuse, notamment via la pratique du "Meidung" qui consiste au bannissement social temporaire des membres jugés trop laxistes. Ce point fut l’un des principaux motifs de rupture avec les Mennonites, jugés trop souples sur certains principes. Comme beaucoup de groupes religieux dissidents, les Amish furent persécutés dans tout les territoires où ils vivaient (Suisse, Alsace, sud de l'Allemagne, etc). Car ils refusaient de prêter serment, de porter les armes ou de se plier aux autorités ecclésiastiques dominantes, ils étaient très mal tolérés. Au XVIIIe siècle, de nombreuses familles Amish décident d’émigrer en Amérique, attirées par la tolérance religieuse promise en Pennsylvanie par William Penn, fondateur de la première colonie Amish et membre des Quakers. La première vague d’immigration amish date des années 1720. 


  Les Amish se sont principalement installés dans des régions rurales, propices à leur mode de vie agricole et communautaire. On pense que 95% des Amish dans le monde vivent dans trois états américains, l'Indiana, l'Ohio, et surtout la Pennsylvanie. Ces communautés, restent relativement fermées à l’extérieur, elles ont prospéré lentement mais sûrement, en gardant une cohésion sociale forte, une foi profondément ancrée, et en refusant les évolutions technologiques du monde moderne. Les Amish vivent en marge du monde moderne, selon des règles précises dictées par leur foi, leur communauté, et un idéal de simplicité. Leur quotidien repose sur une logique très simple, c'est à dire, vivre humblement, en harmonie avec Dieu, la nature, et la communauté.


  Chaque communauté amish peut avoir ses propres règles, certaines étant plus strictes que d’autres. On parle alors d’Old Order ou de New Order Amish. Chaque communauté suit un code de conduite oral, qu'ils appellent "Ordnung" il est propre à chaque communauté. Il régit tous les aspects de la vie, habillement, travail, outils autorisés, rapports sociaux, etc. A la base, les Amish sont des chrétiens Anabaptistes, ce qui signifie qu’ils rejettent le baptême des nourrissons et prônent une foi adulte, consciente et choisie. Leur religion repose sur la lecture de la Bible, le pacifisme (refus de faire la guerre, et même refus du service militaire), l’absence de hiérarchie religieuse formelle. Et surtout l'humilité, la modestie, et la soumission à la communauté. Ils rejettent aussi toutes ostentations, l’individualisme, et l’idée de s’élever au-dessus des autres "ce qu’ils appellent "Hochmut" (l’orgueil), le contraire de le "Demut" (l'humilité), une valeur principale. Les Amish refusent la plupart des technologies modernes car elles menacent l’intégrité de la communauté. La voiture, par exemple, rend possible l’individualisme et l’éloignement, la télévision ou Internet peuvent introduire des valeurs jugées néfastes. Cependant, ce n'est pas un refus total, certains outils sont parfois tolérés comme le tracteur, le téléphone à l'extérieur de la maison, etc.. Tout dépend du degré de rigueur de la communauté locale. Les Amish sont souvent perçus comme des opposants radicaux à toute forme de technologie. Mais la réalité est plus nuancée, faite de refus sélectifs, des choix communautaires mûrement réfléchis, et parfois des compromis. Toute technologie qui menace l’unité, la simplicité ou la foi de la communauté doit être rejetée. Ils refusent par exemple : l'électricité du réseau public, les voitures, le téléphone à la maison, la télévision, internet, les appareils électroménagers modernes. Le problème n’est pas tant la technologie en elle-même, mais c'est l’effet qu’elle produit sur la cohésion sociale et spirituelle. Ils observent avec attention les avancées modernes, et dans certains cas, les adoptent s’ils servent l’intérêt du groupe. Certains Amish ont développé des sites web commerciaux gérés par des personnes extérieur à leur communauté. Le e-commerce est parfois utilisé, indirectement, pour vendre les produits artisanaux. Etc... La technologie n’est pas un mal en soi, c’est son impact social et spirituel qui compte. Le rapport à la technologie repose sur un équilibre permanent entre tradition et adaptation. Ce sont des décisions collectives, prises en concertation, avec un souci constant qui est de rester fidèle à leur foi sans céder à la tentation du progrès inutile.


  Contrairement à bien des groupes religieux ou ruraux en déclin, les Amish voient leur population augmenter régulièrement. Grâce à un taux de natalité élevé, et un faible taux de départ volontaire, la communauté double environ tous les 20 ans. Elle s'étend désormais à plus de 30 États américains et commence même à s’implanter à l’international comme au Canada, au Brésil, etc... Ils ne se contentent pas de survivre dans un monde moderne, au contraire, ils prospèrent, à leur manière. Leur refus du superflu ne les rend pas fragiles, bien au contraire, il les protège des crises économiques, des complexités modernes ou de l’isolement social. La force des Amish repose sur des choix radicaux mais cohérents, c'est à dire, une vie sans dette, une consommation limitée, une entraide communautaire et systématique, une transmission forte des valeurs par l’éducation. Beaucoup de gens voient dans le mode de vie amish une source d’inspiration, écologique par leur sobriété et leur peu de consommation, leur solidarité locale qui contraste avec l'individualisme contemporain... Et surtout leur autonomie vis-à-vis du système global et de la mondialisation qui fascine de plus en plus. Bien sûr, ce modèle n’est ni parfait ni universel. Il repose sur une discipline communautaire très stricte, une forte hiérarchie patriarcale et des renoncements que peu de gens accepteraient. Mais leur capacité à maintenir une société stable, viable et harmonieuse depuis plus de trois siècles interpelle. La communauté Amish est en retard sur le monde ou en avance sur ses limites ?


  Les Amish vivent souvent de l’agriculture, mais aussi de l’artisanat, de la construction, ou encore de petites entreprises familiales de type ébénisterie, boulangerie, menuiserie. Les produits alimentaires amish comme leurs fromages, beurres et confitures jouissent d’une réputation d’authenticité. Ces produits là sont souvent faits sans électricité, à la main, et se vendent à prix d’or sur les marchés bio ou auprès des épiceries fines. Le travail manuel est valorisé, et l’économie repose sur l’autonomie. L’entraide est essentielle, en cas de maladie, d’accident, et pour construire une maison ou une grange, toute la communauté se mobilise. Les familles sont nombreuses, entre six et dix enfants par famille, qui vont dans des écoles Amish jusqu'à 14 ans. L’éducation Amish met l’accent sur la lecture, l’écriture, le calcul et l’intégration dans la communauté.


  Les vêtements amish sont uniformes, modestes, pour les femmes, des robes longues, tabliers, coiffes blanches. Pantalons à bretelles, chemises unies et chapeaux de paille pour les hommes. Pas de boutons mais des crochets, ils ne portent pas de bijoux ni de motifs, rien d'ostentatoire,


  Afin de devenir pleinement Amish, et d'être baptisé, les adolescents passent par le "Rumspringa". Le mot "Rumspringa" vient du dialecte Pennsylvania Dutch et signifie littéralement "courir autour" ou "errer". Il désigne une période charnière dans la vie des jeunes Amish, souvent méconnue ou mal comprise à l'extérieur. C'est un sas entre adolescence et engagement religieux. Il commence généralement autour de 16 ans. C’est une "période de liberté" relative pendant laquelle les jeunes Amish peuvent, s’ils le souhaitent, explorer certains aspects du monde extérieur. 

  Voici une liste de tout ce que les jeunes Amish peuvent faire pendant le Rumspringa. 

- Sortir en boite,

- Danser,

- Ecouter de la musique moderne,

- Fréquenter des non-amish,

- Porter des vêtements non-amish,

- Conduire une voiture,

- Avoir un téléphone portable,

- Goûter à l’alcool et à la cigarette.

  Cependant, cette période n’est pas encadrée partout de la même façon dans toutes les communautés, certaines tolèrent beaucoup, et d'autres sont très strictes. Dans les groupes les plus conservateurs, le Rumspringa donne des possibilités très limité. Malgré cette fenêtre de liberté, environ 90 % des jeunes choisissent de rester dans la communauté (par attachement à la famille et à la communauté, par la crainte de l'isolation sociale, à cause des valeurs ancrées depuis l’enfance, etc...). 

  À l’issue du Rumspringa, les jeunes doivent décider de se faire baptiser dans la foi Amish. Ce choix est fondamental, car une fois baptisé, quitter la communauté est perçu comme une vraie rupture, avec exclusion à la clé. Pour les Amish, la foi n’a de valeur que si elle est choisie en toute conscience. Ce n’est pas une "fête sauvage" mais un test spirituel et identitaire. Il permet aux jeunes de mesurer par eux-mêmes la différence entre deux modes de vie, afin de faire un choix librement consentit.


  Anecdotes : En 2020 dans l’Ohio, la police a tenté d’arrêter deux jeunes Amish en état d’ébriété à bord d’une calèche lancée à vive allure ! En s’approchant, les agents ont découvert une sono géante et de l’alcool à bord. Les deux jeunes ont fui dans la forêt, abandonnant cheval et véhicule. Un épisode aussi absurde que révélateur de la tentation de la modernité chez certains jeunes Amish.



  Pour les anciens, c'est encore très différent de la société occidentale moderne. Dans la société moderne où la vieillesse rime souvent avec solitude, dépendance ou institutions spécialisées, les Amish offrent un modèle profondément différent, fondé sur l’intégration des anciens au cœur de la vie communautaire. Il n'y a pas de maisons de retraite, c'est la famille avant tout. Chez les Amish, les personnes âgées restent dans leur cercle familial. Lorsqu’elles ne peuvent plus vivre seules, elles s’installent généralement chez leurs enfants, ou dans une petite maison construite à proximité immédiate, souvent appelée un "Dawdihaus" (traduire : maison du grand-père). Ce système permet aux anciens de garder leur autonomie tout en étant entourés. Ils participent encore, tant qu’ils le peuvent, à la vie quotidienne à travers le jardinage, la couture, la garde des petits-enfants, etc.... Contrairement à certaines sociétés où l’âge affaiblit la position sociale, les aînés Amish gagnent en prestige avec les années. La vieillesse est perçue comme une étape de sagesse et de transmission, et non comme une fin de parcours. En cas de soucis de santé, sans assurance retraite, ni sécurité sociale au sens moderne, les Amish s’appuient sur la famille élargie (soutien logistique et financier), la communauté (en cas de besoin, les voisins interviennent, organisent des collectes ou des journées de travail collectif) et ils ont accès à des fonds d'entraide locaux (alimentés par des dons ou des ventes artisanales). Cette solidarité concrète garantit que personne n’est laissé pour compte, même en cas de maladie ou de dépendance. La mort est acceptée comme une étape naturelle du cheminement chrétien. Les soins palliatifs sont assurés à domicile, et les funérailles sont simples, sans aucune ostentation. L’accent est mis sur la paix intérieure, la foi, et le soutien des proches.


  Les Amish exercent une fascination continue sur le grand public, en particulier en Occident, où leur mode de vie semble appartenir à un autre temps. Ils sont à la fois mystifiés, idéalisés ou moqués, et souvent mal compris. Dans certains récits, les Amish sont vus comme des gardiens de valeurs perdues. Des valeurs tels, la simplicité, l'entraide, la sobriété, la paix, etc.. Autant de concepts qui séduisent dans un monde moderne perçu comme chaotique. Pour beaucoup, ils forment une sorte de "rébellion silencieuse" contre la modernité, sans violence ni discours agressif. Mais à l'inverse, d’autres représentations tombent dans la moquerie ou l’exagération... Un accent mis sur leur refus du progrès comme signe d’archaïsme, la confusion entre Amish et sectes, une vision naïve ou comique de leur mode de vie. Certains exploitent cette différence comme une curiosité exotique, réduisant leur culture à une "attraction" parfois touristique. Dans les régions comme la Pennsylvanie, l’Ohio ou l’Indiana, les "pays amish" sont devenus des destination touristique à part entière, avec balades en calèche, visites de fermes et de marchés, hôtels décorés "à l’ancienne", musées, spectacles, etc.. Ce tourisme, bien que surveillé par les Amish eux-mêmes (qui ne souhaitent pas être photographiés ou observés comme dans un zoo humain), participe à entretenir leur image mythifiée, et à générer des revenus non négligeables pour certains d'entre eux. 


  Dans un monde saturé de notifications, de promesses d’instantanéité et d’ultra connectivité, les Amish nous tendent un miroir à contre-courant. Ils ne fuient pas le progrès par ignorance, mais par choix. Leur refus de certaines technologies n’est pas un rejet de la modernité en soi, mais une tentative radicale de préserver l’humain, la communauté, le sens. Ils vivent sans luxe, mais pas sans richesse. Sans réseaux, mais jamais seuls. Leur société, fondée sur des piliers que notre époque fragilise, la famille, la foi, l’entraide, la sobriété, elle défie les prédictions. Ils ne disparaissent pas, au contraire, ils grandissent. En 2025, on estime qu’il y a environ 400 000 Amish dans le monde, en 2050 ils seront à peux près à un million de personnes.

  Et si, à leur façon, ils étaient les gardiens silencieux d’une écologie de l’âme que nous avons perdue ? 



18 avril 2025

Culture : Le château de Chillon, en Suisse







  Le Château de Chillon est perché sur un îlot rocheux, bordant les rives du lac Léman. Il semble surgir des eaux comme une forteresse figée dans le temps. Dès l’Antiquité, cet étroit passage entre la rive du lac et les Alpes constituait un point de contrôle stratégique pour les voyageurs, les marchands, et les armées. Situé à la croisée des routes commerciales entre le nord et le sud de l’Europe, le château permettait de surveiller et taxer le trafic fluvial et terrestre. Il devient ainsi une véritable sentinelle du Léman, indispensable au contrôle de la région.


  Les comtes puis ducs de Savoie l’ont compris très tôt, en fortifiant Chillon, ils y affirmaient leur autorité sur les territoires de Vaud et assuraient la défense de leurs possessions alpines. La forteresse devient au fil des siècles un bastion militaire, une résidence noble et une prison d’État, capable de résister aux assauts et de dominer les alentours. Vue du lac, la silhouette massive du château, avec ses tours crénelées, ses toitures rouge brique et ses murailles solides, impose le respect. Elle incarne à elle seule l’autorité féodale et la puissance territoriale, tout ça dans un décor naturel à couper le souffle. Aux mains des comtes de Savoie dès le XIIe siècle, Chillon était une pièce maîtresse de leur politique d’expansion. Sa fonction première : contrôler le trafic marchand sur le lac et imposer des taxes. Il passe ensuite sous le joug des Bernois au XVIe siècle, devenant un symbole de domination protestante sur un pays de tradition catholique. Chillon reflète ainsi les rivalités politiques, religieuses et économiques de la région, jusqu’à son intégration paisible dans le canton de Vaud au XIXe siècle.


  Le château n’a pas seulement vu passer des soldats, il a aussi inspiré des légendes et d’étranges récits. Le plus célèbre des récits est celui de François Bonivard, emprisonné dans les souterrains par les Savoie. Dans les profondeurs du château, une colonne de pierre porte encore aujourd’hui la marque circulaire et profonde d’une chaîne. Elle rappelle l’emprisonnement de François Bonivard, moine genevois et homme de lettres, capturé par les Savoie en 1530 pour avoir soutenu la Réforme. Il restera six ans enfermé dans les souterrains de Chillon, enchaîné à cette colonne, contraint à tourner en rond jour après jour. Cette usure visible dans la pierre est à la fois un témoignage bouleversant de la détention et un symbole de résistance. La légende veut que Bonivard ait usé la colonne à force de tourner, une image puissante, entre fait réel et mythe romantique. Lord Byron, en visite en 1816, fut si frappé par cette scène qu’il grava son nom dans un pilier du château (graffiti toujours visible, et des écrivains suisses du XIXe siècle ont accusé Byron de "vandalisme poétique". Et il y écrivit son célèbre poème "Le Prisonnier de Chillon". 


  Extrait du poème "Le Prisonnier de Chillon", par Lord Byron :

Mes cheveux sont gris, mais non par les années,
Ils n'ont pas blanchi en une seule nuit,
Comme ceux des hommes saisis par des frayeurs soudaines :
Mes membres sont courbés, mais non par le labeur,
Mais rouillés par un repos infâme ;
Car ils ont été la proie d'un cachot,
Et le mien a été le sort de ceux
À qui la bonne terre et l'air sont interdits,
Et barrés – un festin défendu ;
Mais c'était pour la foi de mon père
Que j'ai souffert des chaînes et courtisé la mort ;
Ce père périt sur le bûcher
Pour des principes qu'il ne voulait pas renier ;
Et pour les mêmes, sa lignée
A trouvé une demeure dans l'obscurité ;
Nous étions sept – qui maintenant ne sommes qu'un,
Six dans la jeunesse, et un dans la vieillesse,
Terminés comme ils avaient commencé,
Fiers de la rage de la persécution ;
Un dans le feu, et deux sur le champ de bataille,
Ont scellé leur croyance avec leur sang,
Mourant comme leur père est mort,
Pour le Dieu que leurs ennemis niaient ; –
Trois furent jetés dans un cachot,
Dont cette épave est le dernier vestige.


  Certaines légendes parlent de gémissements dans les couloirs ou d’un fantôme marchant près des murs humides. Mythes ou mémoire collective, ces légendes nourrissent le charme noir de Chillon. Ce n’est pas qu’un monument figé, c’est un lieu où l’imaginaire collectif s’est imbriqué dans la pierre. Entre ses murs, le politique et le symbolique cohabitent. La forteresse évoque aussi bien les tensions de l’Europe médiévale que les passions romantiques du XIXe siècle.

  Lors d’un siège du château au XIVe siècle, un chevalier savoyard refusait la reddition aurait défié les assiégeants depuis les remparts, criant que "Chillon ne tombera jamais tant que ses pierres tiendront debout". La légende veut qu’il ait été foudroyé dans la tour centrale lors d’un orage peu après cette provocation, ce qui a renforcé l’idée d’une malédiction divine pour l’orgueil trop fort. La tour a depuis gardé une réputation un peu sombre auprès des gens du château.

  Une vieille rumeur locale raconte qu’une "dame blanche" hanterait les couloirs du château. Il s’agirait de la fille d’un noble de Savoie, morte de chagrin après avoir été enfermée par son père pour avoir aimé un homme de basse naissance. On dit que son voile blanc a été vu flotter dans la chapelle certains soirs de brouillard. Les gardiens modernes évoquent encore parfois des bruits étranges dans les escaliers en colimaçon.

  Il y a même des légendes de trésors cachés dans le lac ou sous le château... 


  Aujourd’hui encore, en approchant Chillon par bateau, on comprend immédiatement pourquoi ce lieu a fasciné autant de voyageurs, de poètes, d’artistes et d’écrivains : à la fois gardien du passé et joyau médiéval, le château demeure un symbole de vigilance et de grandeur au bord des eaux tranquilles du Léman. Le château accueille expositions, reconstitutions et visites diurnes et nocturnes, prolongeant cette alliance unique entre faits historiques et contes populaires.


  Visiter Chillon, ce n’est pas seulement découvrir un beau château, c’est marcher dans les pas des puissants, des prisonniers, des soldats et des poètes. C’est aussi entendre les échos d’une époque où l’architecture dictait l’ordre du monde, et où les murs pouvaient parler. Un lieu idéal pour celles et ceux qui aiment voyager à la croisée du réel et de l’imaginaire.


( Vous aimez les châteaux du Moyen-Age ? l'article sur Castel Del Monte peut vous plaire )



17 avril 2025

Nature : Le Salto Angel, au Venezuela







  Le Salto Ángel (Angel Falls en anglais) est la plus haute chute d’eau du monde, avec une hauteur totale d’environ 979 mètres, dont une chute ininterrompue de 807 mètres. Pendant la saison sèche, l’eau du Salto Ángel s’évapore ou se transforme en brume avant même d’atteindre le sol, c'est à dire que la chute est si haute que l'eau s'évapore en chemin. Elle se trouve dans le Parc national de Canaima, au Sud-Est du Venezuela, au cœur de la foret tropicale. Le Salto Ángel et surtout le plateau de l’Auyán Tepui sont de véritables laboratoires de l’évolution. Ces formations rocheuses sont très anciennes (près de 2 milliards d’années) et isolées du reste du monde. Il en résulte une faune et une flore qui y vivent et ont évolué de manière unique. Certaines espèces de fourmis qu’on y trouve sont considérées comme de véritables fossiles vivants, car elles ont conservé des caractéristiques très anciennes que la plupart de leurs cousines ont perdues au fil de l’évolution. Des insectes et des grenouilles endémiques, des plantes carnivores, etc... 

  Son nom vient de Jimmy Angel, un aviateur américain qui l’a "redécouverte" en 1933. "redécouverte" car les populations autochtones connaissaient évidemment son existence depuis bien longtemps et l'appellent Kerepakupai Merú, ce qui signifie "chute d'eau du lieu le plus profond". Le Salto Ángel s'écoule depuis le sommet d'une formation géologique typique de la région, appelée Auyán Tepui, qui ressemble à une immense montagne tabulaire surgissant de la jungle. Jimmy Angel, l’aviateur américain à qui la chute doit son nom, a tenté d’atterrir sur le sommet de l’Auyán Tepui en 1937 afin de prospecter de l’or. Il a bien atterri, mais son avion s’est embourbé dans les marais du sommet, impossible à redécoller. Lui, sa femme et deux compagnons, ont dû descendre à pied pendant 11 jours à travers une jungle impénétrable, avant de retrouver la civilisation. Son avion est resté coincé là-haut pendant plus de 30 ans, avant d’être transporté et exposé à l’aéroport de Ciudad Bolívar

  Pour s'y rendre, c'est une véritable aventure. On ne peut pas y accéder par la route. Il faut généralement prendre un petit avion jusqu’à Canaima, puis continuer le périple en pirogue motorisée pendant des heures sur des rivières peu profondes, en évitant des rochers et des rapides, et ensuite poursuivre à pied. Mais, malgré tout, j'imagine que le spectacle est à couper le souffle. 


( autre chute d'eau remarquable "Nature : Gullfoss, la "chute d'or" d'Islande" )

16 avril 2025

Musique : Stereo Total, ovni musical








  Stereo Total nait en 1993 dans un Berlin post-réunification, un véritable berceau de créativité alternative. C'est en fait un duo franco-allemand, formé de Françoise Cactus et Brezel Göring. Dès leurs débuts, ils imposent un son très atypique, un joyeux mélange de punk lo-fi, d’électro vintage, de yéyé revisité, un genre de décalage musical dans le temps. Ils revendiquent un style libre, sans étiquette stricte. Leurs textes oscillent entre ironie, surréalisme, provocation douce et sensualité. Multilingues, ils chantent en français, allemand, anglais, turque, japonais, espagnol, parfois plusieurs langues dans la même chanson. Leur premier album sort en 1995 et depuis ils n'ont cessés de tourner à travers l'Europe, le Japon et les USA, avec leur style unique et une esthétique délirante, ce qui les rends cultes dans le circuit indé. Ils ont refusé plusieurs fois des propositions de maisons de disques “trop sérieuses” pour rester indépendants et fidèles à leur esthétique artisanale. Stereo Total, c’est comme si Serge Gainsbourg, Les Rita Mitsouko et The B-52’s faisaient un karaoké sous acide. Leur son est à la fois kitsch et punk, trash et élégant. Ils utilisent des boites à rythmes à l'ancienne, plutôt vintage, des guitares garage minimalistes, des claviers cheap et sexy et des voix nonchalantes, parfois enfiévrées, parfois volontairement "mal chantées" pour coller au style. Mais Françoise est décédé au mois de février 2021, à l'âge de 57 ans, à la suite d'un cancer du sein. Son décès a mis un terme a l'activité du groupe tel qu'on le connaissait. C'était une chanteuse, autrice, musicienne, artiste aux multiples talents, souvent comparé à une version Punk de Jane Birkin. Ses textes étaient plein d'humour, de poésie et de jeux de mots. Reste Brezel, un multi-instrumentiste, il a incarné le côté électro expérimental du duo, avec un goût assumé pour les sons bizarres, rétro et parfois carrément absurdes. Une douzaine d'albums entre 1995 et 2020, quelques centaines de milliers d'albums vendu. Mes hits préférés sont "L'Amour à Trois" "I Love You, O no" et surtout "Relax Baby Be Cool" il y a bien sûr d'autres chansons qui sont extra, mais commencez à écouter ces trois là, et je pense que vous serez conquis. 



15 avril 2025

Musique : Deep Purple, riffs puissants et virtuosité







  Deep Purple a été fondé en 1968 à Hertford, en Angleterre. Le concept vient de Chris Curtis, un ancien batteur des Searchers, qui a eu la super idée de monter un "super groupe" composé de "super musiciens". Le projet a ensuite été repris par le musicien et producteur Tony Edwards, avec Jon Lord (le claviériste) et Ritchie Blackmore (le guitariste). Au début, le groupe s’appelait d’abord Roundabout, avant de devenir Deep Purple, un nom inspiré par une chanson que la grand-mère de Ritchie Blackmore aimait jouer au piano. Ils ont commencé à répéter à Deeves Hall, une maison de campagne à quelques kilomètres de Hertford, qui leur servait de QG. Deep Purple est l’un des groupes pionniers du hard rock, avec des accents pop et planants, ils ont marqué les années 70 avec des albums mythiques et des morceaux légendaires. Deep Purple a traversé deux grandes époques de 1968 à 1976 et de 1984 à nos jours. neufs changements de line-up. Mais le meilleur élément du groupe était ce fameux Ritchie Blackmore, un guitariste un peu dingo qui a composé les chansons les plus connues du groupe, il est partit du groupe en 1993 mais il reste et restera pour toujours, un monstre sacré de la guitare. Mais aussi un roi du caprice, quittant la scène en plein concert, cassait ses guitares, et refusait de jouer certaines chansons s'il n'était pas de bonne humeur. Mes chansons préférées de ce groupe sont Black Night, Smoke on the Water, Highway Star, Child in Time et Burn. Smoke on the Water est certainement la chanson la plus célèbre et a faillit ne jamais exister... Pendant un concert de Frank Zappa dans un casino à Montreux, un spectateur tire une fusée de détresse qui met le casino en feu ! Le groupe regarde les flammes depuis son hôtel, choqué, et en tire la chanson "Smoke on the Water", racontant l'histoire dans les paroles. Ce morceau est si connu, que dans certains magasins de musique, en Angleterre ou aux USA, il est interdit de le jouer. Le batteur Ian Paice est le seul membre présent dans toutes les formations du groupe depuis 1968. Il a joué sur tous les albums studio. Puissant le gars ! 

Forts de 23 albums studios et une quarantaine de live, coffrets, compilations live, best of par périodes, etc... On estime à environ 130 millions le nombre d'albums écoulés. Deep Purple, c'est du lourd !